‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 139 sur 406 · SYNCOPES CARDIAQUES ET RESPIRATOIRES · texte numérisé non relu

SYNCOPES CARDIAQUES ET RESPIRATOIRES

L'arrêt des contractions cardiaques est un des graves accidents qui peuvent se présenter au cours de Tanesthésie. Cet arrêt se produit, en général, brusquement; il est parfois précédé de modifications du rythme, et Ton observe que tantôt le pouls est tremblant, hésitant, irrégulier, d'autres fois intermittent, et parfois même déprimé. Lorsqu'au cours de Tanesthésie la face vient à pâlir brusquement, ou bien lorsque le sang s'accumule dans les veines, c'est une menace de syncope. Si le sang cesse subitement de coulera la surface d'une plaie, la syncope cardiaque s'est déjà produite, et on a à peine le temps d'y remédier.

Les syncopes respiratoires sont plus faciles à éviter que les syncopes cardiaques. Gomme je vous l'ai déjà dit, elles s'annoncent par la dilatation de la pupille avec absence du réflexe rétinien. On observe alors de la pâleur de la face avec une respiration superûcielle, indice d'apnée toxique.

L'accélération respiratoire se produisant en même temps que la respiration devient laborieuse, intermittente, irrégulière, stertoreuse ou convulsive, est un indice de troubles du côté du bulbe; autrement dit, cela prouve que l'intoxication du bulbe commence, que la pénétration de la substance anesthésique se fait trop profondément. La suspension de la respiration par suite de la raideur des muscles n'est pas inquiétante, tant que ne vient pas s'y joindre la lividité de la face avec l'irrégularité et la défaillance du pouls.

La respiration convulsive avec bruit à l'inspiration indique un obstacle du côté des cordes vocales, sans troubles profonds la plupart du temps; c'est un obstacle qu'il est très facile de vaincre en allant chercher, à l'aide d'un tampon de coton hydrophile, les mucosités qui, la plupart du temps, obstruent les voies respiratoires. Lorsque la respiration est stertoreuse, cela coïncide avec le relâchement musculaire, avec la chute de la base de la langue; le voile du palais ou les muscles buccinateurs sont paralysés. C'est là un fait beaucoup plus grave dans ses conséquences, beaucoup plus important, et contre lequel il est bien difficile de lutter.

Si l'on entend se produire un bruit laryngo-stertoreux, cela indique la transmission, par la colonne d'air, des vibrations à la muqueuse qui recouvre les cornes des cartilages aryténoïdes et à celle des replis aryténo-épiglottiques. Il ne faut pas oublier que ces cartilages peuvent obstruer complètement la glotte; et, en effet, ce bruit est

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