‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 138 sur 406 · EXCITATION INITIALE · texte numérisé non relu

EXCITATION INITIALE

çons, si vous le voulez bien, par examiner les accidents non mortels.

L'anesthésie continue, régulière, paisible, sans à-coups, est véritablement une chose absolument idéale, au moins avec les méthodes qui sont employées la plupart du temps, c'est-à-dire avec les méthodes qui ne comportent pas l'application des mélanges titrés. Un certain nombre de phénomènes peuvent s'observer qui constituent des inconvénients plus ou moins graves suivant l'époque à laquelle ils se montrent, et, surtout, suivant l'intensité avec laquelle ils se produisent.

C'est d'abord l'excitation initiale, l'excitation du début. Elle peut avoir pour cause la répulsion instinctive du patient pour cette respiration dans un espace restreint, pour l'inhalation d'une substance fortement odorante, plutôt désagréable à inhaler, en somme, comme le chloroforme. Le résultat du contact des vapeurs de chloroforme avec les muqueuses des premières voies cause une sensation pénible, désagréable, qui est la plupart du temps la cause de cette excitation. 11 faut tenir compte aussi de l'état nerveux du sujet; et même des influences morales sous lesquelles il peut se trouver, influences morales dont je vous parlais tout à l'heure et qui jouent un rôle considérable, rôle dans lequel, je ne saurais trop le répéter, vous pouvez intervenir de la façon la plus efficace.

A côté de cette excitation initiale, il y a lieu de tenir compte de l'excitation que nous appellerons secondaire, qui est caractérisée par des contractions convulsiVes des muscles laryngiens et pharyngiens, par des spasmes, des suffocations, des réactions de toux violente, des vomissements. A cette période de l'anesthésie, le patient pousse des cris incohérents, se livre à des mouvements désordonnés, est en proie à des contractures plus ou moins intenses. C'est, comme je vous l'ai dit déjà plusieurs fois, la règle chez les alcooliques. 11 importe autant que possible d'arriver à éviter ces phénomènes; et, comme nous le verrons, ils sont évitables, dans une certaine mesure, au moyen de méthodes spéciales que nous étudierons sous le nom de méthodes mixtes, et dont Tune des principales consiste à pratiquer une injection de chlorhydrate de morphine et de sulfate d'atropine avant de commencer l'inhalation du chloroforme. C'est la méthode de MM. Dastre et Morat; elle supprime la plupart de ces inconvénients, notamment les hypersécrétions qui sont parfois si gênantes et qui menacent d'entraîner l'asphyxie de l'individu.

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