‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 158 sur 406 · PARALYSIES POST-ANESTHÉSIQUES · texte numérisé non relu

PARALYSIES POST-ANESTHÉSIQUES

que celui d'une cause occasionnelle» si tant est que ce ne soit pas encore lui attribuer ainsi une importance trop considérable. Dans tous les cas, Tintervention de Tanesthésique est un facteur éliologique constant dans la production de ces accidents, ce qui me parait justiGer Tappellation de paralysies post-anesthésiques.

Ces paralysies peuvent être de cause mécanique et dues à des compressions nerveuses provoquées par des attitudes anormales prolongées : ce sont les paralysies d*origine périphérique, à la suite d'anesthésies de longue durée. Elles ne se manifestent pas pendant Tanesthésie, mais apparaissent au réveil, soit brusquement, soit progressivement. Elles affectent le plus souvent un seul,, parfois deux membres; quelquefois même seulement un segment de membre, un ou plusieurs muscles.

Les paralysies d'origine centrale ne sont pas justiciables de causes mécaniques. Elles sont beaucoup plus rares que les précédentes et se montrent presque exclusivement sur des sujets affectés de tares : artério-scléreux, cardiaques, hystériques. Elles n'affectent pas exclusivement un seul groupe musculaire ou un seul membre et portent, le plus généralement, sur un nerf crânien : elles se manifestent parfois sous forme d'hémiplégie, complète ou incomplète. C'est à elles que pourrait s'appliquer le plus exactement la dénomination de paralysies post-anesthésiques. Pour expliquer ces paralysies, l'action toxique exercée sur les centres parla substance anesthésique est parfaitement acceptable ; et l'influence exercée par certains hypnoanesthésiques et hypnotiques sur les dendrites des ramiûcations protoplasmiques des neurones, influence constatée expérimentalement par M. Demoor et M"° Stefanowska, comme j'ai eu déjà l'occasion de vous le dire en vous exposant la théorie histologique du sommeil, cette influence me paraît permettre d'accepter cette interprétation et de rapprocher ces paralysies des paralysies alcooliques et de celles provoquées par un certain nombre d'autres substances toxiques. Seulement, il est nécessaire, pour qu'elles se produisent, que le sujet présente une prédisposition telle que celle susceptible d'être réalisée par une tare nerveuse ou un état constitutionnel particulier comme celui des cardiaques.

Tels sont les accidents qui peuvent résulter de l'emploi du chloroforme aussi bien que de toutes les substances anesthésiques. L'étude que nous venons d'en faire nous évitera la peine d'y revenir à propos

Page 1