‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 184 sur 406 · PURIFICATION PAR CRISTALLISATION · texte numérisé non relu

PURIFICATION PAR CRISTALLISATION

vant la quantité des impuretés qui ont été enlevées, et le chloroforme surnage débarrassé ainsi des impuretés que Tacide sulfurique a entraînées. On laisse ce mélange en digestion pendant quelques heures et en agitant à plusieurs reprises : on renouvelle Tacide sulfurique jusqu'à ce qu'il ne se colore plus que faiblement; puis on décante le chloroforme. Pour enlever Tacide sulfurique en excès, on ajoute au chloroforme décanté une solution de lessive des savonniers, c'est-àdire de la lessive alcaline de soude de densité 1,334, c'est-à-dire marquant 36 degrés Baume. On laisse le chloroforme en contact pendant quatre ou cinq jours avec cette lessive en l'agitant de temps à autre, puis on décante une dernière fois le chloroforme et on le mélange avec 5 p. 100 de son poids d'huile d'oeillette. On distille en ayant soin de recueillir seulement les 8/10 de la totalité et en abandonnant le premier et le dernier dixièmes. Dans ces deux dixièmes, en effet, se trouvent encore des produits qui pourraient amener des accidents lors de l'emploi du chloroforme. Les opérations nécessitées par ce procédé de purification sont longues et minutieuses, mais donnent un produit d'une pureté parfaite.

Un autre procédé de purification a été proposé dans ces dernières années : il donne un chloroforme d'une pureté moins grande que le procédé que je viens de décrire et qui est dû à Regnauld. Ce procédé consiste à obtenir le chloroforme à l'état cristallisé; c'est le procédé Raoul Pictet, qui permet de purifier non seulement le chloroforme, mais encore un certain nombre d'autres produits, et puisque j'en parle, je citerai l'élher, qu'on peut également obtenir cristallisé par ce moyen.

Le principe de ce procédé est extrêmement simple : il consiste à déterminer d'abord la liquéfaction d'un mélange de gaz facilement liquéfiables : dans l'espèce, c'est un mélange d'acide carbonique et d'acide sulfureux qu'on liquéfie sous la pression de deux atmosphères à une température voisine de zéro. L'évaporation spontanée du liquide ainsi obtenu donne un abaissement de température d'environ — 80** à — 90**. Comme le chloroforme cristallise vers — 70"* vous concevez que si l'on expose à — 90" du chloroforme impur il va cristalliser alors que les impuretés pourront rester à l'état liquide. En utilisant le refroidissement, voisin de 100 degrés, produit par l'évaporation de ce mélange d'acides carbonique et sulfureux liquides, on peut obtenir la condensation d'un liquide plus volatil, par

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