PROPRIÉTÉS PHYSIQUES
exemple celle du protoxyde d* azote, en le comprimant à 10 atmosphères. L*évaporation de ce protoxyde d*azote va permettre, à son tour, d'obtenir une température d'environ — 150**. Si le chloroforme que nous avions fait cristalliser vers — 70® est exposé à celle température de — 150% il va cristalliser une seconde fois, et on obtiendra un produit encore plus pur, les impuretés étant encore abandonnées à Tétai liquide. Enfin, en ce qui concerne Téther, celle température de — 150 degrés obtenue par Tévaporation spontanée du protoxyde d'azote permet de liquéfier Tair préalablement comprimé à 200 atmosphères; et Févaporation de cet air liquide donne de — 215° à — 220**, température à laquelle Téther est susceptible de cristalliser et de se purifier.
Tel est le principe du procédé de Raoul Pictet; et il est facile de concevoir qu'on puisse, à son aide, obtenir à l'état très pur des substances telles que l'alcool, l'éther, le chloroforme, etc., dont on peut réaliser la purificalion par voie de cristallisations successives, comme pour un sel minéral.
Les propriétés physiques du chloroforme permettent de juger dans une certaine mesure de son élat de pureté.
Comme vous le savez, le chloroforme, lorsqu'il est complètement pur, est un liquide incolore, mobile, quoique très dense, car il a une densité de 1,50 à la température de 15% soit 1,523 à 0**. Il bouta eO'^S à la pression de 760 millimètres. Il est assez soluble dans l'eau, qui en dissout à peu près 1 p. 100 (exactement 0,9); de sorte que la solution aqueuse saturée de chloroforme renferme neuf millièmes de son poids de chloroforme en dissolution. Il est au contraire soluble en toutes proportions dans l'alcool et Téther. Il est très facilement miscible aux huiles grasses et nous trouverons là, plus tard, une application de son emploi. Il est insoluble dans la glycérine.
Sa saveur, que vous connaissez tous pour avoir assisté à des opérations chirurgicales dans lesquelles on pratiquait l'aneslhésie au moyen du chloroforme, est d'abord douceâtre, puis piquante, enfin fraîche et sucrée. Son odeur est particulière et tout à fait caractéristique.
Ainsi que je vous l'ai déjà dit, la vapeur de chloroforme n'est pas inflammable, mais décomposable à une température relativement élevée. Parmi les produits de cette décomposition figure l'acide chlor-
COURBES D EBULLITION
oxycarbonique, dont nous nous occuperons tout à Theure; c'est, de beaucoup, la substance la plus dangereuse de tous les produits de transformation du chloroforme.
Le chloroforme cristallise à une température suffisamment basse, et son point de fusion est à — 10*, je viens de le dire tout à Theure en parlant des procédés de purification.
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Fig. 10.
Cbloroforme chimiquement pur
Chloroforme Pictet pur
Cbloroforme Pictet mélan$;é d'alcool.
Chloroforme dit pur du commerce. . .
Les temps sont portés on abscisses et les températures on ordonnées.
C'est un excellent dissolvant d'un grand nombre de substances minérales ou organiques : du phosphore, de l'iode, du soufre, des graisses, des résines, des cires et d'un grand nombre d'alcaloïdes.
Très souvent, en chimie, on a recours à ce qu'on appelle les constantes physiques d'un corps, surtout quand il s'agit des liquides, pour déterminer son degré de pureté. Eh bien, dans ce cas particulier, les constantes physiques, comme vous pouvez le voir d'après ce tableau, ne sont pas suffisantes en ce qui concerne la détermination du degré de pureté du chloroforme. Pour les produits les plus purs, le point d'ébuUition varie dans une latitude 0*^6 à 1*.
Dans ce tableau reproduisant les courbes d'ébuUition de chloroformes de diverses provenances, on suppose que toutes les courbes