CONSERVATION DU CHLOROFORME
sodium et préparé dans Tobscurité, avec des proportions de 1 p. 100, 1 p. 500, 1 p. 1000, d'alcool élhylique parfaitement pur; il exposa ce mélange à la radiation solaire directe ou indirecte pendant quinze mois; bien plus, il fit, pendant cet espace de quinze mois, quarante essais de différents échantillons de ce chloroforme, après débouchage, rentrée d*air, par conséquent en réunissant toutes les conditions possibles pour que, si elle avait pu se produire, Taltération se réalisât : il ne put observer aucune altération de ce même chloroforme, qui était altérable par exposition à la radiation solaire au bout de deux jours en été et au bout de cinq jours en hiver.
Il rechercha si d'autres substances que Talcool élhylique avaient la propriété d'empêcher cette altération, et il reconnut qu'un certain nombre d'alcools, d'éthers, ou même d'hydrocarbures, comme l'alcool allylique, l'éther ordiuaire, le toluène, étaient capables par leur addition à du chloroforme d'en assurer la conservation.
En mélangeant à du chloroforme chimiquement pur 1 p. 1000 d'alcool éthylique, ou d'alcool allylique, ou d'éther ou de toluène, on empêche à coup sûr toute altération subséquente. L'alcool méthylique exerce une action moins efficace : à 1 p. 1000, le chloroforme commence à s'altérer après quinze jours; il résiste deux mois avec 1 p. 200; et il faut arriver à la proportion de 1 p. 100 pour le trouver inaltéré après quinze mois. L'alcool amylique se comporte à peu près de même : le mélange à 1 p. 100 était intact après quinze mois; celui à 1 p. 1000, altéré après deux mois. Un fait intéressant, curieux au point de vue chimique, c'est qu'à côté du toluène, la benzine, qui, comme vous le savez, est l'homologue inférieur de ce carbure, n'exerce aucune action sur la décomposition du chloroforme. L'effet de préservation semble donc provenir de la substitution du groupe CH* à un atome d'hydrogène de la benzine.
En même temps, Regnauld montra que cette action préservatrice pouvait être exercée par les alcalis. C'est ainsi que les alcalis caustiques, les carbonates alcalins, la chaux vive, le bi-carbonate de soude, sont capables d'empêcher cette altération du chloroforme.
Au point de vue pratique, les conclusions à tirer de ces recherches sont les suivantes : d'abord, quand on veut conserver du chloroforme anesthésique, il est utile de le conserver par petites quantités à la fois, car si par hasard le chloroforme subit une altération, il vaut mieux que cette altération porte sur une petite quantité que