INFLUENCE DE L'AIR
lumière, et l'autre exposé à Taction du soleil pendant quelques secondes seulement, puis conservé ensuite à Tabri de la lumière, donnaient les résultats suivants : celui qui avait reçu pendant quelques secondes seulement la radiation solaire, subissait la décomposition et donnait naissance à de Tacide chloroxycarbonique, alors que celui qui avait été conservé absolument à labri de la lumière ne subissait aucune décomposition.
Il chercha de quelle manière on pouvait interpréter ces résultats, et il montra que les vapeurs de chloroforme mélangées à de Tair se décomposaient presque instantanément quand on les soumettait à l'action de l'effluve électrique, en donnant comme produit de cette décomposition de l'acide chloroxycarbonique et de l'acide chlorhydrique. Il y a là un effet instantané identique à l'effet produit au bout d'un temps plus ou moins considérable sous l'influence des radiations lumineuses, qu'il s'agisse de lumière directe ou difl'use. En même temps il constata par l'expérience que, sous l'influence de l'effluve électrique, mais en l'absence d'oxygène, les vapeurs de chloroforme mélangées à un corps inerte comme l'azote étaient capables de se décomposer encore en donnant naissance à du sesquichlorure et à du tétrachlorure de carbone.
C'était donc démontrer, d'une part, l'efficacité de l'impression actinique, de la lumière; et, d'autre part, l'efficacité de l'action exercée par l'oxygène de l'air. Cela prouvait, de plus, qu'en l'absence d'oxygène, la radiation solaire était incapable de déterminer, à elle seule, la décomposition du chloroforme, et qu'il fallait absolument le concours de l'impression actinique avec l'oxygène de l'air pour que celte décomposition se produisît.
Enfin, Regnauld démontra, ce qui était pour ainsi dire le corollaire de ses recherches, qu'on obtenait les mêmes résultats avec le chloroforme très pur, et avec du chloroforme additionné d'eau ou de chloral.
Conservation du chloroforme. — Étant donné qu'il ne restait plus maintenant d'incertitude sur les conditions dans lesquelles le chloroforme se décomposait, il restait à chercher si Ton pouvait obvier à cette décomposition.
Les travaux de Regnauld sont encore venus montrer que cette décomposition était très facile à éviter. Il mélangea une quantité de ce chloroforme parfaitement pur, rectifié à plusieurs reprises sur le