PHASE DE SOMMEIL
l'esprit à ce moment. Il n'y a à cela qu'un inconvénient, c'est qu'au réveil, la mémoire étant complètement perdue, l'individu ne se souvient que très vaguement, ou même pas du tout, de toute cette phase pendant laquelle il a été envahi par le sommeil.
Dans l'excitation qui caractérise le début de la période chirurgicale, nous verrons qu'il faut faire intervenir très certainement les phénomènes d'asphyxie, qui sont seuls capables de rendre compte de l'excitation violente et des mouvements désordonnés, dus très certainement à la suffocation éprouvée par le sujet.
Sommeil. — Le second degré, comme je vous le disais tout à l'heure, est caractérisé par le sommeil avec persistance des mouvements instinctifs de défense. Ce sommeil se produit lorsque l'inhalation de l'éther est faite à la pression ambiante et dans les conditions ordinaires, c'est-à-dire sans que la masse des vapeurs d'élher soit enclose dans un espace restreint; il se produit au bout d'environ ^ g dix à vingt minutes. Ce sommeil ainsi obtenu est aussi peu différent que possible du sommeil normal; cependant des expériences de Hitzig et d'Albertoni ont montré qu'il existait une différence certaine ^
entre le sommeil normal et ce sommeil éthérique; cette différence ^
consiste dans le fait expérimental suivant que des courants d'indue- ^
tion traversant la substance grise et déterminant des mouvements ^
des membres dans le sommeil normal, sont incapables, chez un animal soumis au sommeil éthérique, de déterminer ces mêmes mouvements.
Si l'on voulait interpréter ce phénomène au moyen de l'hypothèse qui nous a servi pour expliquer les phénomènes de narcose et d'hypnose avec les anesthésiques, nous dirions que, sous l'influence de l'action de l'éther, la contiguïté entre les prolongements cylindraxiles et les ramifications proloplasmiques des neurones est encore moins étroite qu'elle ne l'est sous l'influence du sommeil naturel et que la propagation des ondulations nerveuses rencontre une résistance plus considérable que celle qui existe dans l'état de sommeil normal; de même qu'un courant électrique d'intensité déterminée traverse plus ou moins facilement, ou même pas du tout, deux conducteurs entre lesquels le contact est plus ou moins parfait.
Un fait dont il est important de tenir compte, et sur lequel je viens d'ailleurs d'appeler votre attention il n'y a qu'un instant, c'est celui de la perle complète du souvenir : il n'y a pas d'exemple qu'un indi-