AMES- THÉ8IES
MORTS
ANES- THÉSIBS
MORTS
ANES- THÉSIES
MORTS
1896-1897 Total.
Eh bien, en jetant les yeux sur ce tableau on est immédiatement frappé par le désaccord remarquable qu*il y a dans ces statistiques.
1. Gurlt, Archiv, fur klinische chirurgie (archives de Langenbeck).
Voici, par exemple, la statistique d'Andrews, de Chicago, qui donne, pour un total de HT 078 anesthésies par le chloroforme, 43 morts, c'est-à-dire 1 mort pour 2 723. Je passe sur les autres chiffres et j'arrive à celui-ci : voici une statistique d'Anstie qui, sur un total de 3 058 anesthésies par le chloroforme, a eu 21 morts, ce qui fait 1 mort pour 145. Vous voyez comme les deux chiffres sont comparables. Les statistiques par Téther sont justiciables exactement des mêmes reproches. Mais voici où la comparaison devient encore beaucoup plus intéressante : un médecin anglais, Roger Williams, a relevé dans un espace de dix années, d'une part dans l'hôpital de Saint-Bartholomew et, d'autre part, dans l'hôpital de Middlesex, les anesthésies pratiquées d'une part avec le chloroforme et d'autre part avec l'éther; et il a dressé la statistique suivante : pour le chloroforme 12 368 anesthésies qui ont occasionné 10 cas de mort, soit 1 mort pour 1 236, à l'hôpital de Saint-Bartholomev^ ; tandis que pour l'hôpital de Middlesex sur 208 anesthésies il y a eu un cas de mort. Maintenant pour l'éther, dans le premier hôpital, sur 14 581 anesthésies il s'est produit 3 cas de mort, c'est-à-dire 1 mort pour 4 860; et, dans l'hôpital de Middlesex, sur 1050 anesthésies il a encore été relevé un cas mortel. On se demande comment il se fait que la proportion soit si différente dans ces deux hôpitaux; il est évident que l'habileté des chirurgiens ne peut pas être mise en cause et qu'il doit y avoir là des éléments de comparaison qui nous manquent absolument.
Voici maintenant le relevé donné par JuUiard en 1890, relevé qui établit la somme de toutes les statistiques publiées jusqu'à lui : sur un total de 524 507 chloroformisations, il y a eu 161 cas de mort, c'est-à-dire 1 mort pour 3258; sur un total de 314 748 éthérisations il y a eu 21 cas de mort, c'est-à-dire 1 mort pour 14988. A s'en tenir à ces chiffres, il est évident que l'éthérisation est infiniment préférable à la chloroformisation et que, comme le dit JuUiard, le nombre des morts est environ cinq à six fois plus considérable lorsque l'aneslhésie est faite au moyen du chloroforme que lorsqu'elle est faite par l'éther. Mais, où la comparaison acquiert des proportions qui sont véritablement fantastiques, c'est lorsqu'on voit certaines statistiques ayant trait, exclusivement, à l'anesthésie par l'éther. Voici d'abord la statistique de Warren, de Boston, qui, avec 20000 anesthésies par l'éther n'a pas un seul cas de mort; en voici une autre
de Marcus Gunn, de 13 000, également sans un seul cas de mort. Puis enfin TurnbuU fait une statistique des morts dans laquelle il relève, pour une seule année, en 1887, aux Etats-Unis, 450 morts par le chloroforme et 175 par Téther. Ce sont là des chiffres absolument discordants avec les précédents.
Mais voici où Tinanité de ces statistiques se révèle dans toute sa splendeur : c'est lorsqu'on considère le tableau de Gurlt. Il a été dressé année par année, depuis 1890, à Taide de tous les documents qui lui ont été fournis obligeamment par tous les confrères qui ont bien voulu lui communiquer ces documents relatifs aux aneslhésiques. J'ai fait figurer dans ce tableau le chloroforme, Téther et le bromure d'éthyle, parce que cela m'évitera de vous parler encore des statistiques lorsque nous nous occuperons du bromure d'éthyle. Un fait qui frappe tout d'abord, c'est que cette statistique est faite pour une année; or, le pourcentage des décès augmente, comme vous pouvez le voir, d'année en année ; il est au début de 1 pour 3 776 ; et, dans l'année 1896-1897, il est de 1 pour 1 350. Pour l'éther c'est la même chose : au début, il n'y a pas de mort par l'éther, et puis on arrive à 1 mort pour 6 951, après avoir passé par 1 mort pour 2 380. Je laisse le bromure d'éthyle. Mais voilà où se montre surtout ce que l'on peut obtenir avec les statistiques; c'est lorsqu'on fait la somme de tout cela : on arrive à 1 mort pour 2 075 chloroformisations et à 1 mort pour 5112 éthérisations.
Eh bien, je soutiens que ces statistiques ne sont pas comparables. En effet, pour que des statistiques de cette nature puissent être comparables, il faudrait qu'on pût dire, comme l'on dit dans les sciences exactes lorsqu'on veut comparer deux résultats : toutes choses égales (Tailleurs. Or, cela ne sera jamais vrai quand il s'agira d'une anesthésie, parce qu'il est inutile de faire ressortir devant vous que jamais on n'a deux sujets identiques, seulement même semblables Tun à l'autre.
Par conséquent, vouloir faire de la statistique dans ce cas particulier, c'est absolument perdre son temps; cela ne peut prouver qu'une chose, qui ressort avec la dernière évidence de ces chiffres comparatifs, c'est que le nombre des cas de mort est certainement moindre avec l'éther qu'avec le chloroforme. Mais quand on veut pousser les choses plus loin, quand on veut dire par exemple que le chloroforme fait tant de morts pour cent, que l'éther en fait