OPINIONS DE DIVERS AUTEURS
avec le chloroforme, il est de 40 grammes avec Téther; c'est-à-dire qu'il est, en volume, au moins dix fois plus considérable.
JuUiard termine son mémoire par quelques citations d'un certain nombre d'auteurs, citations que je crois devoir reproduire, parce qu'elles me paraissent très intéressantes. En voici une de Maurice Perrin :
« La mort subite par le chloroforme est le résultat d'une syncope accidentelle. Il n'existe et il n'existera jamais de procédé qui en mette sûrement à l'abri. »
Rottenstein, dans son Traité de l'anesthésie, dit :
« Le chloroforme est le plus dangereux de tous les anesthésiques. — L'éther employé pour l'anesthésie chirurgicale est moins dangereux que le chloroforme. — L'anesthésie s'obtient aussi constamment et aussi complètement par l'éther que par le chloroforme. En conséquence, l'éther doit être préféré au chloroforme. »
Enfin, Julliard termine par cette phrase de Flourens :
€ Si l'éther sulfurique est un agent merveilleux et terrible, le chloroforme est plus merveilleux et plus terrible encore. »
De tout cela. Messieurs, il résulte certainement ce fait, que je crois actuellement à peu près incontesté, c'est que l'éther est infiniment moins dangereux; mais ce qui fait justement le grand mérite du travail de Julliard, c'est qu'il ne veut pas, comme beaucoup de chirurgiens, faire de l'éther un agent absolument inoffensif. Il insiste sur ce point que l'éther est infiniment moins dangereux que le chloroforme, mais il n'est pas complètement dépourvu de nocuité. Tout individu qui se soumet à l'hypno-anesthésie par l'éther risque sa vie presque autant qu'avec le chloroforme. L'éther a, en effet, un certain nombre d'inconvénients, parmi lesquels : une excitation violente de l'individu, des vomissements, de la toux, de la salivation, de l'exagération des sécrétions bronchiques, des tremblements; mais, dit-il, en fin de compte, ces inconvénients de l'éther ne peuvent être comparés aux dangers du chloroforme.
Il a raison dans une certaine mesure, et dans une mesure d'autant plus importante à considérer, qu'actuellement, la pratique de Téthérisation est telle qu'on a pu réduire au minimum les dangers inhérents à son emploi. Mais ces dangers ne sont pas nuls et c'est là, à mon avis, le caractère tout à fait remarquable du travail de Julliard, c'est de ne pas avoir voulu innocenter complètement l'éther; et, en