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APPLICATIONS THÉRAPEUTIQUES DE L'ÉTHER

emploi; et cependant on a toujours observé, à la suite de Tinjection rectale d'élher, des accidents assez graves pour être amené à renoncer complètement à cette méthode d'emploi. Il ne faut pas oublier en efiFet que la muqueuse intestinale n'absorbe les gaz et les vapeurs qu*à la condition qu'ils soient en dissolution dans les liquides intestinaux, sinon ils ne sont pas absorbés; on arrive seulement à une vaporisation formidable déterminant le météorisme des tissus, comme celle à laquelle s'était exposé l'individu qui, il y a quelque temps, avait absorbé l'air liquéfié par M. d'Arsonval. L'emploi de l'éther par la voie rectale doit donc être proscrit.

MOYEi^S DE RECO.\!VAlTRE LA PURETÉ DE L'ÉTHER. — Quelques

mots maintenant sur les moyens de reconnaître la pureté de l'éther. n y a déjà de longues années que l'application thérapeutique de l'éther a été proposée pour la première fois. On suppose que l'élher peut avoir été connu depuis un temps très long; et on a cru trouver dans les œuvres de Raymond Lulle, de Majorque, dans celles de son maître Arnauld de Villeneuve, et même dans les écrits de Geber, des indices probants d'applications de l'éther. Mais en réalité c'est au xvi* siècle seulement qu'un médecin, Valerius Cordus, donna un mode de préparation de l'éther dans un écrit intitulé Dispensa^ lorium pharmacorum omnium quœ in usu potissimum sunt, ouvrage très souvent réimprimé et traduit en français, par Coudemberg, sous le titre de Guidon des Apothicaires ; et c'est au xvu* siècle que Basile Valentin, le premier, dans son ouvrage sur la préparation des médicaments, attira l'attention des médecins sur l'emploi d'une substance qu'il obtenait en mélangeant de l'huile de vitriol, de l'esprit-de-vin et de l'esprit blanc de térébenthine, c'est-à-dire l'essence de térébenthine. Basile Valentin observa qu'il se produisait, en soumettant ce mélange à la distillation, une substance d'odeur très agréable constituant un excellent remède contre l'épilepsie et la folie.

Il faut aller jusqu'au milieu du xvm* siècle pour trouver les procédés d'obtention établis d'une manière définitive. Frobenius en 1729, Stahl en 1731, mais surtout Grosse en 1734, et Baume en 1735, déterminèrent nettement les conditions de sa préparation.

Son mode de formation et ses propriétés ont été définitivement fixés par BouUay dans la première moitié de notre siècle.

Dans tous les cas, l'éther ordinaire dont nous nous occupons aujourd'hui n'est autre chose que le produit de la déshydratation de

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Talcool, de la condensation de deux molécules d'alcool en une seule avec élimination d'une molécule d'eau.

Quel que soit le procédé par lequel Téther est obtenu, il peut renfermer, et renferme en général, des produits de décomposition qui sont très variables suivant la période à laquelle on recueille Téther. Ces produits de décomposition peuvent être représentés par de Falcool ordinaire, ou bien par des produits de décomposition de l'alcool lui-même; et ce sont ces derniers qui sont les plus dangereux. Au début, on distille un mélange d'éther et d'alcool peu hydraté; dans les portions moyennes, la quantité d'eau augmente; et, vers la fin de la distillation, apparaissent de l'acide sulfureux, des carbures d'hydrogène, les produits désignés par l'appellation d'huiles de vin douce et pesante.

Par conséquent, pour avoir de l'élher utilement employable pour l'anesthsie, il est nécessaire de le purifier, et les procédés de purification sont assez semblables à ceux que j'ai décrits pour le chloroforme. C'est ainsi qu'il faut obtenir la disparition complète de toute trace d'acide en lavant l'étber au moyen d'une solution alcaline, puis en le rectifiant à plusieurs reprises; mais cette rectification, pour être utile, doit être faite en présence d'une substance qui ne passe pas à la distillation; et on y arrive en mélangeant l'éther de 6 p. 100 de son poids d'huile d'œillelte et en recueillant seulement les 4/5 du mélange. On obtient ainsi un liquide que Soubeiran a montré être encore assez impur et pour lequel il a proposé un procédé de purification qui n'est véritablement pas praticable à moins de l'employer industriellement; ce procédé consiste à faire passer les vapeurs d'éther redislillées à travers un diaphragme contenant de la braise humectée de soude caustique.

Actuellement, après la distillation de l'éther en présence de l'huile d'œillette, distillation qui a pour but de retenir dans l'huile les produits moins volatils, on se borne à laver, à plusieurs reprises, le produit de la distillation avec d'abord la moitié, puis deux fois son volume d'eau pure pour enlever l'alcool, ensuite on dessèche l'éther décanté en le laissant en digestion avec un mélange à parties égales de chaux vive et de chlorure de calcium fondu; et enfin on distille, en recueillant seulement les 9/10 du liquide soumis à la rectification.

On obtient ainsi un liquide incolore, d'une mobilité extrême; d'une odeur vive et suave, agréable quand on le respire en petite

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