CONSIDERATIONS PARTICULIERES
de certains dangers; et la conclusion de tout cela est déjà dans celte opinion émise par Julliard que tout individu qu'on anesthésie, môme avec Téther, expose toujours sa vie — peut-être moins qu'avec le chloroforme, je crois que c'est un fait reconnu; mais, cela n'est pas contestable, une anesthésie expose toujours la vie de celui qui s'y soumet.
D'ailleurs, les contre-indications sont variables à l'infini; et c'est en raison de cette variabilité des accidents et des conditions physiologiques des individus sur lesquels porte l'anesthésie, que, dans notre dernière réunion, je vous signalais l'inanité des statistiques faites en rapportant simplement le nombre des morts au nombre total des anesthésies.
Si nous avons affaire à des individus ayant des lésions organiques du poumon, du rein, du myocarde, toute substance anesthésique est dangereuse ; et il est presque puéril d'aller rechercher alors quelle sera, de toutes les substances anesthésiques, celle qui aura présenté le moins de danger.
En réalité, chaque anesthésique aura, certainement, à un moment donné, ses indications spéciales; et c'est à bien préciser ces indications que doivent tendre tous les efforts.
Un fait surtout a fait dire que Télher était beaucoup moins dangereux que le chloroforme : on a prétendu que l'anesthésie par l'éther pouvait être confiée à une personne absolument inexpérimenlée. Dans la discussion qui a eu lieu à la Société de chirurgie, on s'est élevé, avec raison, contre cette interprétation ; et les orateurs qui y ont pris part ont montré — môme les partisans de l'anesthésie par l'éther — qu'il était toujours imprudent, pour ne pas dire plus, de confier l'anesthésie à quelqu'un d'inexpérimenté. S'il est vrai que l'éther demande beaucoup moins de soin, de surveillance, de précautions que le chloroforme, il n'en est pas moins vrai que des précautions minutieuses, et dont la mise en œuvre implique des connaissances physiologiques étendues, doivent toujours être prises par celui qui manie une substance anesthésique.
Enfin, pour terminer ce qui a trait à l'anesthésie par l'éther, je vous dirai un mot d'une méthode d'anesthésie par l'éther qui a été proposée il y a quelques années. C'est Daniel Mollière, de Lyon, qui avait proposé l'éthérisation par la voie rectale. La température à laquelle bout l'éther (34^5) en faisait une substance propre à cet