ÉTUDE HISTORIQUE DES PROCÉDÉS D'HYPNO-ANESTHÉSIE
Nous allons commencer aujourd'hui, suivant Tordre dont je vous ai parlé dans notre dernière réunion, Tétude des modificateurs du système nerveux central, en débutant par ceux qui intéressent la sensibilité et le sommeil. L'ordre que nous adopterons est le suivant : nous nous occuperons d'abord des hypno-anesthésiques, puis des analgésiques, et enfin des hypnotiques.
Si Ton voulait classer les agents médicamenteux en raison de leur importance, ceux dont nous allons maintenant commencer l'étude devraient occuper, sinon la première place, certainement l'une des premières. En efi^et, non seulement au point de vue des résultats qu'ils permettent d'obtenir, leur importance est considérable, mais il n'est pas inexact de dire que sans les hypno-anesthésiques les véritables merveilles que réalise en ce moment l'art chirurgical seraient absolument impossibles. Les hypno-anesthésiques permettent non seulement d'anéantir l'individu au point de vue de ses réflexes, au point de vue de sa volonté, au point de vue de sa défense contre l'opérateur, mais encore — et c'est là de beaucoup le côté le plus important — ils permettent de modérer, d'annihiler même dans une certaine mesure, l'ébranlement nerveux déterminé par les chocs opératoires, à un point tel que, dans la plupart des opérations, lorsque l'hypno-anesthésie est bien conduite, on n'a presque plus à compter avec cet ébranlement nerveux qui, autrefois, tenait la première place au point de vue des accidents résultant des grandes opérations.
L'étude des hypno-anesthésiques, de même que celle des hypnotiques, comporte une question fort intéressante, qui n'est pas seulement une question d'érudition pure — ce n'est pas à ce point de