‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 287 sur 406 · BADIGEONNAGES · texte numérisé non relu

BADIGEONNAGES

pour 100 grammes de vaseline, dont on introduit une petite masse de la grosseur d'une tête d'épingle dans l'un des culs-de-sac palpébraux.

On a noté également qu'il était absolument contre-indiqué de se servir de ces instillations de cocaïne chez les individus affectés de glaucome. On a prétendu même que les instillations répétées de cocaïne étaient capables de déterminer des accidents glaucomateux, bien que cela soit contradictoire avec le fait de l'abaissement de pression intra-oculaire.

Parmi les accidents qui ont été signalés par différents opérateurs, il faut placer les infiltrations cornéennes, les kératites neuro-paralytiques. Enfin M. Javal insiste sur ce fait que l'usage prolongé de la cocaïne dans Tiritis, dans le but d'empêcher les synéchies, peut donner lieu à des accidents de glaucome.

A côté du procédé des instillations, le procédé des badigeonnages peut donner des résultats très satisfaisants pour la pratique d'un certain nombre d'opérations. Ces badigeonnages se font en général sur des muqueuses. On observe presque instantanément l'insensibilisation et la décongestion de la surface touchée avec la solution de cocaïne. Cela est surtout remarquable lorsque cette solution est portée sur les muqueuses du nez, de la bouche, du pharynx, du larynx, du rectum ou des voies génito-urinaires.

Sur les muqueuses, l'action de la solution de cocaïne est d'autant plus énergique que cette action s'exerce sur une muqueuse à éléments plus délicats et plus riches en terminaisons nerveuses superflcielles, en terminaisons intra-épithéliales. C'est la raison pour laquelle la cornée et la conjonctive sont très sensibles à l'action d'une solution, même très diluée, de cocaïne. D'ailleurs, sous l'influence d'une solution diluée de cocaïne, c'est bien plutôt, comme on Ta fait observer, une diminution notable de l'élément douleur qu'une anesthésie vraie de la muqueuse qu'on peut observer. Il y a, en outre, une dissociation des différentes sensibilités; ainsi l'action d'une solution de 1 à 5 pour 100 sur la muqueuse linguale produit la disparition de la sensation à la douleur et l'abolition plus ou moins accentuée des perceptions gustatives, tandis que la sensibilité tactile persiste, au point que l'on distingue nettement les deux branches d'un esthésiomètre à 1 millimètre de distance. Si l'on prolonge l'action de contact de la cocaïne, l'ordre de disparition des diverses

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