ACTION LOCALE SUR LE MYOCARDE
cocaïne, on assiste alors aux accidents habituels, de même que si Ton attend un temps suffisant pour que l'action exercée localement par la cocaïne ail disparu sous Tinfluence de son entraînement par le sang qui vient baigner le myocarde.
Un fait fort intéressant encore est celui-ci : ce ventricule localement inexcitable sous TinQuence d'un courant faradique est cependant parfaitement tué par la faradisalion du second ventricule qu'on aurait laissé intact, ou seulement d'une zone du même ventricule qui aurait échappé à Faction paralysante locale de la cocaïne. Et M. François-Franck tire de là cette conclusion, extrêmement intéressante au point de vue de la physiologie du myocarde, c'est que la mort du cœur par faradisalion locale résulte d'une modification, locale également, subie par le myocarde et transmise par lui, par continuité de tissuj puisqu'on peut arriver à supprimer cette excitation par la cocaïnisation de la zone interpolaire et empêcher ainsi les accidents mortels. Ce n'est donc pas, conclut-il, par transmission physique que les excitations induites localisées provoquent une réaction généralisée sur le cœur entier, c'est par suite de cette modification locale se propageant par continuité du tissu.
D'ailleurs, dans toutes les circonstances où nous allons avoir à nous occuper de la cocaïne, elle va se révéler à nous comme un véritable isolant : à dose variable, mais toujours suffisamment faible, elle isole complètement l'organe sur lequel son action a porté; et elle permet de réaliser sur cet organe toutes les mutilations sans qu'il en résulte soit d'excitation sensitive, soit d'excitation motrice, soit d'excitation d'aucune sorte.
Voici une grenouille dont le cœur a été mis à nu; nous laissons tomber sur lui une goutte de solution de cocaïne suffisamment concentrée, à o pour 100. Sous l'influence de ce contact, vous allez voir le ventricule et les oreillettes s'arrêter au bout d'un temps relativement court. Le ventricule sera arrêté en systole; il sera dans une sorte d'état d'érection, pâle, exsangue, ressemblant absolument au ventricule arrêté sous Tinfluence de la digitaline. Quant aux oreillettes, de même que sous l'influence de la digitaline, elles s'arrêteront en état diastolique. Après la mort qui ne tarde pas à survenir, les nerfs et les muscles restent très facilement excitables; ils sont même plus aisément excitables qu'à l'état normaK
Si, au lieu de faire une application locale avec une solution de
Fig. 34. — Action paralysante locale de la cocaïne, en injections interstitielles, sur
le muscle. [Gastrocnémien de chien à hulhe délruil.] A Après injection interstitielle de 8 millif^rammos do chlorhydrate do cocaïne. B Après nouvelle injection interstitielle do 5 milligrammes de chlorhydrate de cocaïne. C Excitation du sciatit|ue.
I) Kxcitation du sciatique après injection de cocaïne par l'artère fémorale, et alors que le muscle est devenu inexcitable directement. Comparer avec la tig. 33. Graphique dû à M. Krancois-Franck.]