‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 312 sur 406 · ACTION SUR LES ELEMENTS GLANDULAIRES · texte numérisé non relu

ACTION SUR LES ELEMENTS GLANDULAIRES

cocaïne, comme je viens de le faire, on introduit dans la cavité abdominale de la grenouille une solution suffisamment concentrée de cocaïne, on voit que l'absorption se fait en quelques minutes; mais alors l'action est différente : le cœur se ralentit, s'affaiblit d'une façon très marquée , prend une tendance à l'état diastolique ; et, la plupart du temps, surtout si la solution de cocaïne a été injectée ea quantité suffisante, on voit l'arrêt survenir en diastole; mais au bout de quelque temps la rigidité sy»tolique dont je parlais tout à l'heure se reproduit, et c'est ce que vous pourrez voir sur cette grenouille qui a servi hier à faire cette expérience : sous l'influence de la cocaïne elle a fini par mourir et, comme vous allez pouvoir le constater, son cœur est tétanisé, en systole, dans l'état que je viens de vous indiquer.

Je dois vous dire qu'on a essayé de prendre des tracés cardiaques avec cette grenouille, mais les résultats en sont tout à fait insignifiants; c'est que, grâce à la température assez basse qui règne en ce moment, les réactions toxiques sur les animaux à sang froid se produisent avec une désespérante lenteur; et cette grenouille, qui a reçu pourtant une dose suffisante de cocaïne pour mourir pendant la nuit, n'a pas manifesté franchement les phénomènes qui sont cependant si nels dans l'action exercée par la cocaïne sur la circulation, et notamment sur le myocarde, lorsque cette substance toxique est absorbée à une période où la température est différente de celle-ci. Je vous montrerai dans notre prochaine réunion des tracés que nous avons obtenus pendant la période d'été sur des grenouilles, les résultats sur lesquels j'aurai à attirer votre attention sont extrêmement nets. J*ai tenu à vous montrer ce cœur parce qu'il présente un caractère tout à fait remarquable de contracture systolique, analogue à celui que détermine également la digitale.

Cette action de la cocaïne peut s'exercer encore sur tous les éléments anatomiques, sur les éléments glandulaires, sur les différents épithéliums. 11 s'agit d'abord d'une action excitante si la dose est faible, d'une action presque immédiatement paralysante si, au contraire, la dose est suffisante. C'est ainsi qu'on peut observer l'arrêt momentané de la sécrétion des différentes glandes; qu'on peut voir, par exemple, le suspension de la miction spontanée lorsqu'on vient à injecter dans la vessie d'un chien une solution de cocaïne à un degré de concentration suffisant; et cela, sans qu'on puisse faire intervenir

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