DOSES TOXIQUES
au moins fortement diminués; on ne perçoit, par exemple, aucun mouvement des paupières lorsqu'on vient à toucher, avec le doigt ou avec une barbe de plume, la surface de la cornée.
Si les doses sont toxiques — et par cela il faut entendre, en moyenne, des doses supérieures à 8 grammes, — on voit un ensemble de phénomènes assez différents de ceux que je viens de décrire.
C'est d'abord de Texcitation qui caractérise le début des phénomènes toxiques; puis, cette excitation fait bientôt place à un sommeil lourd, survenant brusquement, et qui sidère en quelque sorte rindividu ayant absorbé cette dose toxique. En même temps, on observe des tremblements musculaires ; la respiration est précipitée ; le pouls est intermittent, irrégulier, petit, fuyant sous le doigt. Puis les battements cardiaques deviennent tumultueux et manifestent une arythmie marquée. Le patient est dans un état de stupeur profonde; il est absolument pâle à la périphérie du corps, la face est d'une lividité cadavérique; on perçoit une sensation de refroidissement très accusé quand on touche son tégument cutané. L'insensibilité est complète, aussi bien celle de la cornée que de la peau, de la conjonctive et des muqueuses. On remarque de la mydriase, un ralentissement notable des mouvements respiratoires, de l'affaiblissement et de l'arythmie des contractions cardiaques.
A cette période, la mort peut survenir brusquement ou succéder plus lentement à l'état profondément comateux dans lequel se trouve le malade. On observe alors dans ce dernier cas des sueurs profuses qui, en général, sont l'indice d'une issue fatale. L'arrêt respiratoire est primitif. Très rarement, on voit une syncope cardiaque primitive; mais, en réalité, ce qui est d'ailleurs beaucoup plus conforme à l'ensemble des phénomènes, l'individu succombe à une syncope cardiopulmonaire.
Lorsqu'on pratique l'autopsie d'un individu ayant succombé dans ces circonstances, on observe en général des lésions peu importantes et non constantes : j'ai eu déjà l'occasion d'appeler votre attention sur ce sujet, à propos des considérations médico-légales relatives aux hypno-anesthésiques.
Du côté du cœur, on observe un organe dilaté dont les ventricules peuvent être vides ou gorgés de sang, suivant les circonstances dans lesquelles la mort a surpris le sujet. Dans tous les cas, l'oreillelle droite est toujours gorgée de sang fluide. Les poumons peuvent être