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PERTE DE LA SENSIBILITE ET RESOLUTION MUSCULAIRE

d'hypnose, ou d'hypno-anesthésie, ce qui serait plus exact, la sensibilité reparaît d'abord; puis les sens et les fonctions cérébrales de ranimai reprennent leur acuité normale. Quant aux muscles, ils restent, pendant un certain temps, faibles, comme mal assurés, surtout quand la dose de chloral est suffisante pour déterminer un étal qui se rapproche plutôt de Tanesthésie que de Thypnose proprement dite.

Si Ton veut étudier la succession des phénomènes qui se passent chez le chien sous Tinfluence de doses successivement croissantes de chloral, en commençant, par exemple chez un chien de 10 ou 15 kilos, par un gramme de chloral en dissolution dans 20 centimètres cubes d eau, puis en injectant au bout d'un certain temps un nouveau gramme de chloral, puis un troisième et un quatrième à la rigueur, on voit que peu à peu, lorsque la dose devient suffisante, l'animal est en proie à un sommeil très profond; toutes les manifestations conscientes ont complètement disparu; les pupilles sont contractées, les globes oculaires sont fortement convulsés en dedans, recouverts par la membrane nictitante. On remarque la disparition complète des réflexes sensitifs, les impressions douloureuses ne sont plus perçues, les muscles ont perdu toute résistance et une grande partie de leur tonicité.

Cette perte de la sensibilité et la résolution musculaire sont des caractères essentiels de l'hypno-anesthésie ; et, par conséquent, on peut obtenir chez l'animal, avec une dose suffisante de chloral, une action hypno-anesthésique comparable à celle déterminée par le chloroforme, l'éther, etc. L'anesthésie apparaît lentement, dans le plus grand calme et d'une manière insensible lorsque les doses sont successivement croissantes, comme je viens de l'indiquer.

Si Ton fait ingérer à l'animal ou si on lui injecte en une seule fois une dose massive, 6 à 8 grammes par exemple, on obtient très rapidement l'anesthésie totale dont je parlais tout à l'heure; mais cette anesthésie est accompagnée de phénomènes qui traduisent l'action toxique du chloral, un frissonnement et surtout une dyspnée intense; et la mort arrive par arrêt subit de la respiration d'abord et, secondairement, par arrêt du cœur.

Je pourrais répéter pour le chloral ce que j'ai déjà eu l'occasion de vous dire à propos des hypno-anesthésiques, à savoir : que le chien réagit, en présence de ces médicaments, exactement de la même

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façon que rhomme, et qu'il coostitue, par conséquent, Tanimal de choix, au point de vue de rexpérimentation physiologique.

Chez rhomme, la scène est la même sous l'influence de doses successivement croissantes de chloral. Vient-on à administrer à un malade une dose de 1 à 4 grammes de chloral, soit par la bouche, soit par le rectum, soit même, comme on Ta fait quelquefois bien à tort, par la voie d'injection hypodermique, on voit qu'au bout de dix à vingt minutes, l'individu ayant absorbé la dose de chloral capable de déterminer chez lui l'action médicamenteuse, est pris de bâillements, de clignotements des paupières, d'un état de lassitude particulier; les sens sont émoussés, enfin, le besoin de sommeil est tellement irrésistible que l'individu ne tarde pas à être incapable de se maintenir en équilibre; il tombe et cède au sommeil qui l'envahit.

Ce sommeil, sous Tinfluence des doses faibles, c'est-à-dire variant de 1 à 4 grammes, dure environ de quatre à six heures. Pendant ce temps la respiration et le pouls sont ralentis, les muscles relâchés, les pupilles rétrécies et les yeux convulsés en dedans, comme cela se voit sous l'influence du sommeil par le chloroforme. En même temps on observe un abaissement notable de température qui peut atteindre plus de 1 degré. Le bruit ou une excitation assez intense sont capables de réveiller le sujet ainsi endormi; mais, si l'excitation ne persiste pas, il retombe dans le sommeil.

Au sujet du réveil qui peut être ainsi provoqué, le meilleur des excitants, comme l'ont montré les recherches de M. Oré, est certainement la faradisation cutanée, qui peut déterminer, chez un individu en état d'intoxication par le chloral, une excitation suffisante pour lutter contre les phénomènes d'hypnose. La faradisation doit alors être pratiquée à l'aide d'un courant à nombre assez grand d'intermittences, et en appliquant les électrodes à une grande distance l'une de l'autre; la première sur les muscles du cou ou de l'épaule, par exemple, la seconde sur les muscles des cuisses ou de l'abdomen.

Au cours du sommeil chloralique réalisé par les doses médicamenteuses, l'excitabilité réflexe conserve son acuité normale, et l'état de l'individu est presque normal au réveil.

A dose plus considérable, de 4 à 6 grammes par exemple, le sommeil est plus profond et surtout d'une durée plus prolongée, on peut le voir persister pendant dix heures : dans ce cas, la sensibilité est plus ou moins éteinte et les réflexes sont, en général, abolis ou tout

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