MODIFICATIONS DE LA VITESSE DU SANG
sang, pendant la chloralisation confirmée, s'engage et circule dans les vaisseaux avec la plus grande facilité. Les modifications d'énergie, de tension et de rythme présentées à ce moment par l'appareil circulatoire se traduisent par le pouls faible, filant, polycrote.
M. Arloing a montré que les voies d'écoulement périphériques étaient dilatées, en constatant qu'au moment où la pression s'abaisse brusquement dans l'artère, elle s'élève dans la veine, à laquelle peuvent même se propager les pulsations artérielles : en plaçant deux sphygmoscopes très sensibles, l'un sur le bout central de l'artère faciale, l'autre sur le bout périphérique de la veine faciale, ces phénomènes peuvent être étudiés sur l'àne. C'est à celte hypotension artérielle accompagnée d'augmentation de la pression veineuse et de la vitesse du courant sanguin, qu'il faut attribuer les modifications, parfois si intenses et si accentuées, qui caractérisent Temploi des doses un peu fortes du chloral, telles que : congestion de la peau, des muqueuses et des parenchymes; rougeur de la face, exanthèmes cutanés; hémorragies profuses à la surface des plaies.
Aux doses thérapeutiques, il ne se produit pas de stases sanguines dans les vaisseaux capillaires, à cause de la facilité avec laquelle le sang peut circuler, ce que prouve bien l'inscription possible de la pulsation artérielle transmise dans le bout périphérique des veines; cette stase ne pourrait se produire que dans la période ultime de l'empoisonnement.
En résumé, si, au début de l'action exercée par des doses thérapeutiques de chloral, la tension artérielle augmente, la vitesse du sang diminue, les artérioles sont contractées et les pulsations cardiaques plus énergiques, ces phénomènes sont essentiellement passagers et bientôt remplacés par une baisse considérable de la tension artérielle tandis que la pression veineuse s'élève; en même temps, la vitesse du courant sanguin est accrue, le pouls devient petit, filant, polycrote; les petits vaisseaux périphériques sont relâchés et tous les organes congestionnés. Si vous joignez à cela la diminution considérable d'énergie du myocarde, la diminution de capacité respiratoire des hématies, vous comprendrez sans peine comment et pourquoi d^s lésions cardiaques quelque peu accentuées constituent une contre-indication formelle à l'emploi du chloral.
On peut grouper sous deux chefs les accidents circulatoires susceptibles de se produire sous l'influence du chloral : 1° Accidents pri-
mùifs, consistant dans Tarrêt brusque et définitif, Tarrèt momentané, le simple ralentissement; 2** Accidents secondaires, consistant dans le ralentissement avec irrégularités, les systoles avortées avec chute de pression, la disparition dos pulsations artérielles. Je me suis étendu suffisamment sur Taction exercée par le chloral sur le cœur et la circulation et sur les mécanismes de cette action pour n'avoir à présent qu'à vous énumérer ces accidents.
Action sur la respiration. — Les modifications que le chloral détermine du côté de l'appareil respiratoire sont profondes; elles sont de même nature que les modifications que nous venons d'étudier sur le cœur et la respiration.
La respiration est ralentie dans une proportion extrêmement remarquable; et on observe même quelquefois une respiration irrégulière, saccadée, qui peut, dans certaines circonstances, être précédée d'une légère accélération tout à fait passagère. [Voir fîg. 39 à 44.]
Sous l'influence des doses fortes, la respiration est très superficielle, avec pause en état d'expiration, et absolument irrégulière. Si les doses sont massives, on observe un arrêt très rapide de la respiration après un trouble profond du rythme. Cet arrêt est primitif : celui du cœur ne le suit qu'à un intervalle de plusieurs minutes. Ça n'est que d'une façon lout h fait accidentelle que Ton peut observer, dans les cas de chloralisme aigu, l'arrêt primitif du cœur, par suite de l'action irritante exercée par le chloral sur l'endocarde, ou par l'un des autres mécanismes dont je vous ai parlé lout à l'heure.
L'action parésiante du chloral sur les centres nerveux bulbomédullaires permet d'interpréter ces troubles. Les expériences de Vulpian ont montré que la faradisation du bout central du pneumogastrique, préalablement sectionné, chez un chien soumis à l'influence du chloral, était capable de déterminer un arrêt définitif de la respiration; cela démontre, comme nous l'avons vu d'ailleurs pour les contractions cardiaques lorsque la faradisation était pratiquée sur le bout périphérique du vague, l'impression des centres nerveux par des doses même insuffisantes pour être toxiques. Je vous rappelle que l'on observe les mêmes phénomènes sous l'influence des hypno-anesthésiques : j'y ai insisté surtout à propos du chloroforme. Si Ton pratique la section des vagues avant l'administration du chloral, l'arrêt toxique est rendu beaucoup plus difficile.
La paralysie du pouvoir moteur du bulbe et de la moelle joue donc
GRAPHIQUES DE LA RESPIRATION
Intoxication chloralique.
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Fig. 43. — Modificalions de la respiration chez le lapin, au cours de l'inloxication chloralique. [Injection veineuse de i grammes d'hydrate de chloral : méthode det pressions intra-pulmonaires.] (l'* partie.)