ABAISSEMENT DE LA TENSION ARTERIELLE
chaque systole, et qu'il finit par s'arrêter en diastole, gorgé de sang noir. La pression sanguine descend très rapidement jusqu'aux environs de zéro, bien que le cœur batle encore avec une certaine force : on observe en même tennps que les inspirations deviennent subitement plus profondes. Les centres vaso-moleurs deviennent de moins en moins sensibles aux excitalions périphériques de la sensibilité; et, peu à peu, cette paralysie des centres vaso-moteurs s'étend aux nerfs vasculaires périphériques, peut-être même aussi à la tunique musculaire des artérioles : ainsi s'explique cette chute brusque et prolongée de la pression, ainsi que la distension flasque du système vasculaire. Ces résultats sont très nettement appréciables sur les tracés ci-après reproduisant les modifications subies par le cœur et la respiration sous l'influence de l'intoxication chloralique rapide et lenle. Fig. 39 à 42.
Cet abaissement marqué de la pression n'est pas le seul phénomène important. Si Ton introduit doucement par la veine d'un animal des quantités de chloral graduellement et lentement croissantes, comme l'a fait M. Arloing sur de grands mammifères, on constate, peu de temps après le début de l'injection veineuse, une augmentation de pression, durant à peine quelques minutes, et bientôt suivie d'une chute considérable qui se prolonge jusqu'au moment où l'animal commence à êlre soustrait à l'action du chloral. Pendant cette courte période d'augmentation de pression, la force des pulsations artérielles est accrue, tandis qu'elle diminue ensuite, en même temps que la pression. Coïncidant exactement avec la période de ces modifications, on observe aussi que quelques secondes après l'introduction lente du chloral par la voie veineuse, les vitesses systolique et diastolique diminuent. Il y a donc au début de la chloralisation lente, et sous l'influence de doses faibles, une phase de très courte durée pendant laquelle on remarque une élévation de la pression artérielle que deux constatations expérimentales permettent d'expliquer : d'une part, l'augmentation d'énergie systolique; d'autre part, la diminution du débit des artérioles.
Mais, en revanche, dès que commence la période au cours de laquelle se produit la chute brusque de la pression; en d'autres termes, dès que la pression artérielle commence à s'abaisser, la vitesse du sang augmente dans une proportion très accentuée et elle persiste à cet état pendant toute la durée de l'action hypnotique. Le
GRAPHIQUES DU CŒUR ET DE LA RESPIRATION
Intoxication chloralique rapide.
Fig. 39. — Modificalions de la respiration et de la circulation chez le lapin, au cours de l'intoxication chloralique rapide. [1" partie.]
R tracé respiratoire.
Pr. C tension artcriclio dans la carotide. I. — Tracés normaux.
"2. — Début do l'intoxication chloralique : irrégularités dans la respiration, chute do pression arté riollc. [Voir flg. 40.j
GRAPHIQUES DU CŒUR ET DE LA RESPIRATION
Intoxication chloralique rapide.
Fig. 40. — Modifications de la respiration et de la circulation chez le lapin, au cours de l'intoxication chloralique rapide. [2* partie.]
R tracé respiratoire.
Pr. C tension artérielle dans la carotide. 3 et 4. — Irrégularités plus accentuées de la respiration et diminution considérable du nombre des mouvements respiratoires ; chute rapide de la pression artérielle. 5, — Arrêt de la respiration : la pression artérielle est déjà depuis quelque temps aux environs de zéro. [Voir fig. 39.]
GRAPHIOl'ES DU CŒUR ET DE LA RESPIRATION
Intoxication chloralique lente.
Fif;. ii. — Modifications de la respiration et de la circulation chez le chien, bu cours de l'intoxication chloralique lente, [l'* partie]
R trac(^ rospiratoiro.
Pr. F tension artérielle dans l'artèro fémorale. 1. — Tracés normaux.
•2 et 3. — Début de l'inioxication : la rospirati( n est j lus scnsiMrnient affecK^e qac le c^nr. [Voir fig. l-.».,
GRAPHIQUES DU CŒUR ET DE LA RESPIRATION
Intoxication chloralique lente.
Fig. 42. — ModiÛcations de la respiration et de la circulation chez le chien, au cours de l'intoxication chloralique lente. [2* partie.]
R tracé respiratoire.
Pr. F toQsion artérielle dans l'artère fémorale. 4 et &. — Chute progressive de la tension artérielle : la respiration devient, en môme temps, do plus en plus faible.