VIII PRÉFACE
la pharmacologie, ainsi comprise, fasse partie de son bagage scientifique. C'est parce que ces connaissances font défaut à bien des praticiens que Ton voit les spécialités pharmaceutiques prendre tant d'importance.
D'ailleurs, en admettant que le médecin n'ait pas besoin de posséder, au sujet de la composition chimique des médicaments et de leur histoire naturelle, des. connaissances aussi étendues que le pharmacien, il est toujours nécessaire pour lui de posséder la somme de connaissances suffisante pour qu'il puisse faire un choix judicieux du meilleur mode de préparation et d'administration d'un médicament, et qu'il sache quels avantages ou quels inconvénients peut présenter le mélange des médicaments entre eux. La composition exacte des médicaments qu'il peut être appelé à employer, la manière dont ils se comportent en présence des différents véhicules, les formes diverses sous lesquelles il est possible de les administrer, les réactions qui peuvent se produire par le contact des agents auxquels on les associe, les métamorphoses qu'ils éprouvent sous l'influence des diverses humeurs de l'organisme, voilà autant de points sur lesquels tout médecin instruit et digne de sa profession doit être exactement et absolument éclairé. C'était ce but que cherchaient à atteindre les Maîtres anciens lorsque, comme le conseillent Hippocrate et d'autres auteurs, ils voulaient que les médecins eux-mêmes se livrassent à la préparation des médicaments.
Je me suis inspiré des idées précédentes, et j'ai cherché à les réaliser de mon mieux dans l'enseignement du cours de pharmacologie dont j'ai l'honneur d'être chargé.
De par sa définition même, qui signifie, en définitive, étude de toute substance douée d'action médicamenteuse ou toxique^ la pharmacologie doit embrasser l'étude de tout ce qui touche à l'art médical, c'est-à-dire de toute substance intéressant la physiologie, l'hygiène, la médecine légale, et surtout la thérapeutique. Pour répondre effectivement à ce desideratum, l'ensei-