PRÉFACE IX
gnement doit donc être à la fois théorique et pratique : il n'est pas admissible que de jeunes docteurs quittent la Faculté sans avoir appris à reconnaître et à distinguer certaines substances toxiques, certains médicaments, en présence desquels l'exercice de leur profession peut les mettre à tout instant. Pour employer une phrase dont je me sers volontiers et familièrement dans mes conférences, il ne faut pas que le praticien, dans quelque milieu qu'il se trouve, risque d'être inférieur à ceux vis-à-vis desquels sa situation de médecin doit lui constituer une supériorité, parce qu'il ignorera des choses de sa profession que la diffusion de plus en plus considérable des connaissances et le désir d'apprendre du plus grand nombre auront amenés à faire connaître aux clients qui feront appel à son savoir. Cette situation d'infé* riorité est au moins pénible, et je trouve de beaucoup préférable de chercher à atteindre celle, si élevée, que les Anciens qualifiaient en disant : « Le médecin est l'égal des Dieux ».
Pour répondre de mon mieux à ce but, j'ai divisé mon enseignement annuel en deux parties. Une partie théorique comprend l'enseignement magistral à l'amphithéâtre; elle porte plus particulièrement sur la pharmacodynamie et l'étude des actions médicamenteuses : j'y consacre deux leçons par semaine, le mardi et le samedi, pendant le semestre d'hiver. La seconde partie est essentiellement pratique; elle constitue, si je puis ainsi dire, le côté original de mon enseignement : ces leçons pratiques ont lieu le jeudi pendant toute Tannée. Les élèves y sont appelés à tour de rôle à reconnaître et à décrire les substances qui font partie du droguier que j'ai réoi^anisé à la Faculté de Médecine. Ils sont exercés à l'art de formuler, si la substance est médicamenteuse; interrogés sur la symptomatologie de l'intoxication, sur les lésions anatomiques, sur les moyens de le rechercher et de le caractériser si c'est un poison ; ils doivent fournir des détails sur les circonstances dans lesquelles elle intéresse l'hygiène, s'il s'agit d'une substance utile ou surtout nuisible,