X PRÉFACE
capable d'intervenir dans réconomie journalière ou professionnelle, par exemple : affections causées par des substances alimentaires avariées, saturnisme, hydrargyrisme, antisepsie et désinfection, etc.
Pendant les conférences du semestre d'été, j'ai institué des reconnaissances de plantes fraîches qui intéressent à divers titres l'art de guérir. En exposant les caractères généraux et les propriétés de chaque échantillon, je m'attache plus particulièrement à mettre en relief les ressources que peut offrir au médecin la flore de notre pays. « La botanique, a dit Fontenelle, ne serait qu'une simple curiosité si elle ne se rapportait à la médecine; et quand on veut qu'elle soit utile, c'est la flore de son pays qu'il faut connaître. »
Ces interrogations, qui constituent en outre une véritable leçon de choses puisque l'on montre toujours, sous ses différents aspects, ce dont il s'agit, ces interrogations sont des plus profitables à tous les points de vue. Elles tiennent l'attention en éveil; habituent à exercer les sens de la vue, du goût, de l'odorat, si utiles pour la reconnaissance des drogues; elles, familiarisent avec les procédés qui permettent de réaliser pour le mieux une formule ou une prescription ; enfin elles permettent de redresser les erreurs de fait ou d'interprétation, mettant, par cela même, le praticien en garde contre l'écueil toujours dangereux des incompatibilités. On y apprend beaucoup, d'une façon plutôt agréable et facile; et, ce qui me semble prouver que cet enseignement est vraiment utile et répondait à un besoin, c'est que je constate couramment avec plaisir que bon nombre d'auditeurs de ces conférences ont subi le quatrième examen du doctorat auquel elles répondent plus particulièrement, et qu'il y a même parmi ces auditeurs assidus un certain nombre de docteurs.
De plus, en raison de l'étendue que comporte mon programme^ il m'est absolument impossible de mettre moins de quatre années, à raison de trente leçons à l'amphithé&tre, pour étudier
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complètement les produits et agents médicamenteux. Les conférences sont au nombre de vingt-huit à trente, réparties entre les deux semestres de Tannée scolaire. Il est relativement facile de répartir entre ces trente leçons l'étude des substances toxiques et médicamenteuses les plus importantes, de façon, non pas à les étudier complètement, ce qui serait impossible, mais à passer en revue les choses les plus importantes, les faits les plus saillants et qu'il n'est pas permis d'ignorer. De cette façon, je développe chaque année, dans le cours magistral, une partie du vaste programme que comporte la pharmacologie et je passe en revue, dans les conférences, les produits les plus importants et les plus intéressants par leurs applications aux diverses branches de l'art médical.
L'enseignement est complété, en outre, par des séances de reconnaissance au droguier, où les élèves sont appelés à manipuler les drogues les plus usuelles et les substances toxiques indispensables à connaître. C'est dans ces conférences et ces reconnaissances pratiques que s'enseigne surtout la matière médicale proprement dite. Mes collaborateurs, MM. Brissemoret et Joanin, ont réuni l'an dernier, en un volume des plus utiles à consulter, les données principales de cette branche de mon enseignement *.
Le volume qui parait actuellement est le premier de la série qui reproduira mon cours à l'amphithéâtre. Il comporte une certaine partie de matière médicale, mais le plus grand développement est accordé à la pharmacodynamie, qui représente en réalité, pour ce qui regarde les applications à la thérapeutique, la partie vraiment et fructueusement utilisable de l'étude de la pharmacologie. Savoir ce que l'on veut faire et comment on se propose d'y arriver, tel doit être, en effet, le but du thérapeute, du médecin vraiment digne de ce nom : seule, Fétude de la
1. Brissemoret et Joanin, Les drogues usuelles, 0. Doin, Paris, 1898.