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THÉORIE DE L'ANÉMIE CÉRÉBRALE

EnfÎD, Ernest Samson, en 1864, fit également sur des grenouilles et d'autres animaux, avec de lalcool, avec de Téther, avec du chloroforme et avec de Tacide carbonique, des expériences desquelles il résulta que Tanesthésie est toujours accompagnée d'un ralentissement très sensible dans la circulation cérébrale.

Cependant quelques auteurs reprennent Thypothèse de la congestion, hypothèse qui paraissait avoir pour elle certains appuis assez sérieux, entre autres, ce fait que, la plupart du temps, comme le faisait remarquer Muller, chez les individus qui succombent au sommeil, on voit une congestion de la face marquer le début de ce sommeil. On savait d'autre part, à la suite d'expériences effectuées par Brown-Séquard, qu'il y avait une congestion de la base de l'encéphale ainsi que du bulbe et même de la moelle pendant le sommeil chez les animaux.

Langlet, interprétant les phénomènes ci-après dans le sens de la congestion, était également d'avis qu'il devait y avoir, dans une certaine mesure, paralysie du sympathique et congestion concomitante. D s'appuyait pour soutenir cette opinion sur la congestion de la conjonctive et la constriction de la pupille, qu'on peut observer pendant le sommeil, et surtout sur une expérience de Brown-Séquard de laquelle il résultait que le sommeil se produit comme à l'état normal chez des animaux dont les deux cordons sympathiques cervicaux ont été sectionnés.

La discussion en était là, lorsqu'un certain nombre de physiologistes démontrèrent, avec un grand nombre d'arguments des plus péremptoires, qu'il faut absolument en revenir à la théorie de l'anémie cérébrale pendant Je sommeil. Ce sont les expériences de Mosso, Salathé, François-Franck qui ont le plus fait pour cette démonstration. Elles prouvent, non seulement qu'il y a de l'anémie cérébrale pendant la durée du sommeil, mais qu'il y a une diminution de la tension intra-crânienne, une diminution de la turgescence de l'encéphale, en même temps qu'un afflux de sang dans les vaisseaux périphériques, phénomènes qui avaient déjà été remarqués par Darham, comme je vous l'indiquais tout à l'heure.

Ces faits ont été mis en évidence principalement par Mosso et par François-Franck, au moyen de l'étude des changements de volume du cerveau caractérisés par les mouvements d'expansion ou de resserrement de l'encéphale qui correspondent ou alternent avec des

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modifications de volume analogues dans les membres et dans divers organes. Chez Tenfant, ces mouvements ont pu être mesurés avec des instruments très précis au niveau de la fontanelle antérieure : chez l'adulte, ces changements de volume ont été mesurés également chez des individus ayant subi un traumatisme, ou mieux encore chez des syphilitiques chez lesquels des gommes du crâne avaient déterminé des perforations de la paroi osseuse et mis à nu la surface du cerveau.

D'ailleurs, c'est là un fait absolument d'accord avec une observalion constante, au point de vue physiologique, celle de l'irrigation sanguine moindre dans les organes au repos : il est incontestable que le sommeil constitue pour le cerveau une période de repos; et il serait extraordinaire de voir ce seul système anatomique présenter une circulation plus active pendant sa période de repos que pendant sa période de travail.

■ Une congestion passive, déterminant en quelque sorte l'asphyxie des éléments anatomiques baignés par un liquide sanguin approprié, n'est guère admissible; et la congestion active entraîne une suractivité de la circulation ne concordant plus du tout avec la diminution des actes physico-chimiques qui accompagnent nécessairement le repos de l'organe. La congestion observée dans certains cas doit donc être tout à fait passagère.

Récemment, Libermann, dans une étude relative aux fumeurs d'opium, a montré par des expériences sur les animaux que le sommeil produit par les opiacés s'accompagnait de congestion et, reprenant l'hypothèse des Anciens relative à l'interruption des fonctions de la substance cérébrale par suite de la compression que lui faisait éprouver l'afQux d'une quantité exceptionnelle du sang, il admet que c'est là un mécanisme permettant d'expliquer la production du sommeil aussi bien sous l'influence de certains médicaments capables de déterminer une turgescence des vaisseaux cérébraux, que sous l'influence de l'apport du sang par le fait de l'activité des cellules, apport d'autant plus considérable que les cellules cérébrales travaillent davantage. Mais à côté de ce sommeil par congestion, il admet également le sommeil par anémie, dont le type lui est fourni par l'hypnose des blessés ayant perdu une grande quantité de sang et que l'on réalise encore en déterminant une décongestion cérébrale par la production d'un afflux sanguin dans les membres ou dans les vis-

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