‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 83 sur 406 · PHÉNOMÈNES COMMUNS · texte numérisé non relu

PHÉNOMÈNES COMMUNS

cères au moyen de certains procédés mécaniques ou physiques (travail musculaire, bain d'électricité statique).

Il n'est pas rare de voir le même résultat produit par deux mécanismes physiologiques opposés; mais si cette interprétation de Libermann embrasse tous les cas, elle ne va pas assez avant dans 1 explication des phénomènes et représente plutôt, à mon avis, une constatation descriptive de ces phénomènes qu'une explication.

Au surplus, un certain nombre d'autres phénomènes, communs au sommeil et à Tanesthésie, marchent dans le même sens. Je vous ai déjà signalé la diminution du nombre des pulsations cardiaques, la diminution du nombre des mouvements respiratoires qui accompagnent Tanesthésie; cette môme diminution s'observe dans le sommeil. Je sais bien qu'il y a ici, en ce qui regarde les mouvements respiratoires, une différence d'un certain ordre ; que, pendant le sommeil, on a noté que la respiration était surtout à type Ihoracique, tandis que sous l'influence des hypno-anesthésiques elle est surtout à type abdominal ; mais c'est là, en somme, une différence de peu de valeur. La diminution du nombre est beaucoup plus importante.

La diminution dans l'élimination de l'acide carbonique sous l'influence des anesthésiques, diminution dont les expériences de Paul Bert nous ont fourni la preuve expérimentale, s'observe également pendant le sommeil, et le fait a été vérifié à maintes reprises. Pendant le sommeil, comme sous l'influence des anesthésiques, la cornée est desséchée, la pupille rétrécie; les yeux sont dirigés en dedans et en haut, l'orbiculaire des paupières est relâché; enfin il y a cette dissociation, cette indépendance des mouvements des globes oculaires, sur lesquels j'insistais tout à l'heure, et qui est précisément l'un des indices de l'étal réel d'hypno-anesthésie, lorsque la résolulion musculaire va s'établir.

On a défini le sommeil « le repos exigé par le travail de la vie de relation ». Mais certains physiologistes ont voulu voir dans le sommeil un phénomène anormal. C'est ainsi que, pour Fleming, le sommeil serait une syncope ; pour Brown-Séquard, ce serait une attaque quotidienne d'épilepsie.

D'autres, sans pousser les choses si loin, ont fait du sommeil un état particulier des fonctions tout à fait différent de leur état habituel pendant la veille, mais non pas une fonction à part : telle était l'opi-

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