ACTION ELECTIVE SUR LE TISSU NERVEUX
marche des phénomènes est précisément inverse de celle qu*on observe dans Thypno-anesthésie.
En définitive, les modifications vasculaires qu'on peut observer pendant Tanesthésie paraissent ne pas être autre chose que des acci* dents qui accompagnent le phénomène sans constituer son essence. Claude Bernard, qui avait beaucoup insisté sur ce point, ajoutait que ramener Tanesthésie à une simple anémie du cerveau serait exactement la même chose que de considérer Tivresso comme une conséquence des modifications dans la vascularisation générale qui se produit toujours pendant sa durée.
Il y a donc, dans Taction de Tanesthésique, quelque chose de plus que Tanémie cérébrale; c'est cette action spéciale produite par l'anesthésique qui circule dans le sang et qui vient s'exercer sur les éléments nerveux.
Il est facile d*ailleurs, par une série d'expériences que nous allons reproduire devant vous, de démontrer ce fait avec une entière évidence.
Vous vous rappelez sans doute que, dans notre précédente réunion, nous vous avons montré un certain nombre de grenouilles, une entre autres sur laquelle on avait pratiqué l'ablation du sacrum et fait une ligature en masse pour empêcher la circulation de continuer dans le train postérieur. On va faire exactement la même chose sur une autre grenouille, mais cette fois au lieu de plonger l'animal dans de l'eau chloroformée, on va lui injecter un centimètre cube d'eau chloroformée dans le train antérieur et vous verrez que le résultat sera exactement le même. La solution anesthésique sera en contact seulement avec l'origine des nerfs sensitifs dans la moelle et nous verrons se produire une aneslhésie généralisée à tout l'animal, comme nous l'avons observé déjà chez la grenouille immergée dans l'eau chloroformée par son train antérieur.
Si nous changeons l'emplacement de la ligature, et si, au lieu de lier la grenouille à la partie inférieure du corps dans la région du sacrum, nous pratiquons cette ligature à peu près à la hauteur de la bifurcation de l'aorte, un peu en arrière des bras, de façon à ce que la substance anesthésique se trouve en contact seulement avec le cerveau et la partie antérieure de la moelle, nous verrons que l'anesthésie sera généralisée également à tout l'animal : c'était là ce que Claude Bernard avait appelé l'anesthésie par influence. En efl^et.