‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 95 sur 406 · PRÉDOMINANCE DES CENTRES SUPÉRIEURS · texte numérisé non relu

PRÉDOMINANCE DES CENTRES SUPÉRIEURS

dans ce cas, les régions postérieures de la moelle ne sont pas touchées par la substance anesthésique, la circulation ne pouvant pas y apporter cette substance; il faut donc que Tanesthésie qui se produit dans le train postérieur de Tanimal soit déterminée par une véritable influence exercée par le cerveau et par la région supérieure de la moelle : les centres nerveux supérieurs ont transmis, en quelque sorte, Tanesthésie à la partie inférieure. Il semble donc, dans ce cas, que le cerveau influence la moelle et les nerfs sensitifs qui en émergent, absolument comme le fait la volonté dans un autre ordre de phénomènes.

Cependant, avec toute la sagacité que Claude Bernard apportait toujours dans ses méthodes expérimentales, il avait indiqué luimême que ces expériences étaient sujettes à deux critiques assez importantes.

La première, c'est que Torigine réelle des nerfs sensitifs pouvait se trouver dans une région de la moelle beaucoup plus élevée que celle préservée par la ligature, en d'autres termes, que l'origine réelle pouvait être assez éloignée de l'origine apparente. D'autre part, il disait qu'il fallait songer à la présence d'artères médullaires longeant la moelle, artères dans lesquelles il était absolument impossible d'interrompre la circulation ; et qu'on pouvait, à la rigueur, admettre la possibilité pour l'anesthésique de se trouver en contact avec les éléments nerveux de la moelle par suite de son apport, en faible proportion il est vrai, par l'intermédiaire de ces artères qu'il avait été impossible de lier.

Pour obvier à cette dernière objection, il faisait l'expérience que nous allons reproduire devant vous. Voici une grenouille à laquelle on va enlever le cœur et les gros vaisseaux et chez laquelle on va ensuite pratiquer une ligature à la hauteur à laquelle on avait pratiqué la ligature sur la grenouille précédente. Dans ce cas, il est évident que la circulation sera réduite à zéro ou à peu près, et que la pénétration des substances toxiques ne pourra plus se faire que par imbibition de proche en proche. Or, s'il est évident que la pénétration des substances toxiques peut avoir lieu par imbibition, nou£ savons d'autre part, soit par les expériences de Stilling, soit par celles d'un grand nombre d'autres physiologistes, que cette imbibition se fait d'une façon très lente et que sa rapidité est absolument incomparable à celle avec laquelle se fait la propagation d'une substance

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