DEUXIÈME DEGRÉ DE L*IVRESSE
que Ton veut le soutenir? Ou bien : Était-il capable de fournir cette course à pied et de se rendre de tel endroit à tel autre ? Ce sont des points de médecine légale sur lesquels j'insiste, parce que très souvent ces faits sont difficiles à résoudre, et très souvent aussi Tattention n'a pas été suffisamment attirée sur eux : vous voyez que, grâce aux indications que je vous donne ici, il vous sera possible de vous tirer d embarras.
Le deuxième degré, Tivresse confirmée, succède naturellement au premier, lorsque l'ingestion de boissons alcooliques est continuée. Il est caractérisé par ce que l'on pourrait appeler la période de perver* $ion fonctionnelle : à ce moment, la sensation agréable d'une irradiation de chaleur partant de l'estomac, dont je parlais tout à l'heure» s est transformée en une sensation de chaleur acre et pénible; les artères des tempes et du cou battent avec force ; le pouls est plein et vibrant; le visage est congestionné et enluminé; la respiration est irrégulière, très souvent plus fréquente, quelquefois suspirieuse ; il V a un véritable état de fièvre et de malaise.
La puissance musculaire commence déjà à s'aiTaiblir notablement, surtout dans les membres inférieurs : chez l'homme, comme chez les animaux, la paralysie débute toujours par les extrémités inférieures; la station debout est difficile et la démarche titubante ; c'est la période où l'individu fait des chutes et devient incapable de se tenir sur ses jambes. En même temps que les mouvements perdent de leur force et de leur précision, la pensée et la volonté sont de moins en moins sous la dépendance du sujet. C'est à cette période que l'on remarque l'empâtement de la parole, l'incohérence de la pensée traduisant les troubles de l'esprit : l'individu dévoile ses secrets, révèle ses mauvais instincts et ses turpitudes; les dispositions de l'âme qui sont comprimées à l'état normal par l'éducation, les mœurs, les conventions sociales éclatent au grand jour. C'est la période à laquelle l'individu le plus réservé manifeste des sentiments dont il aura honte absolument au moment de son réveil. A cette période, en effet, la force de volonté, l'empire que l'on peut exercer sur les passions, sont plus ou moins annihilés : l'individu calme d'ordinaire devient souvent violent, querelleur et trahit toutes ses affections. En même temps surviennent des idées erotiques intenses, mais l'impuissance est absolue : c'est le revers de la médaille par rapport au premier degré, l'inverse du Sine
SOa DEUXIÈME DEGRÉ DE L'IVRESSE
Baccko friget Venus ; si bien caractérisé par le vers de Tibulle :
Sœpe tuo (Baccho) cecidit munere victus Amor.
ens sont complètement émoussés, et l'on voit apparaître des s (le la vue, de l'ouïe, de l'odorat, enfin une tendance à la plus ou moins marquée, et assez fréquemment cause de crimes iu.\ : fort heureusement la parésie du système musculaire est e, dans la plupart des cas, elle sert de frein à la volonté é^l'individu ne peut pas venir à bout de mettre à exécution les
peu agréables pour son entourage qui lui viennent à l'idée, bserve alors de l'angoisse précordiale, la pâleur de la face avec :e à la syocope, des nausées, des vomissements qui débar-
heureuscment l'organisme d'une forte quantité de la substance
: très souvent cette période se clôture par un sommeil plus ns profond, avec sueurs profuses, sommeil durant plus ou longtemps et auquel succède un réveil fort peu agréable, et
réputation de laisser l'individu dans un état d'obnubilation tuelle très accentué, sans parler des manifestations fort désas du côté de l'estomac.