‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 121 sur 486 · MODIFICATIONS MÉDULLAIRES · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS MÉDULLAIRES

comme ron dit, lorsque l*individu est dans son état normal, ont relativement fort peu d'effet sur les gens ivres.

J'appelle sur ce point votre attention, Messieurs, parce que, rela* tivement aux applications médico-légales, c'est très souvent un point sur lequel naissent des discussions dont il est difficile de sortir. Vous savez combien les phénomènes d'inhibition se déterminent facilement chez les individus normaux ; vous connaissez ces faits, cités un peu partout, d'individus pris simplement à la gorge, en jouant, et qui tombent frappés d'inhibition et meurent instantanément. Eh bien, des phénomènes de cet ordre sont presque absolument impossibles à reproduire chez un individu dans la première phase de l'ivresse : chez lui, les phénomènes de schok sont, pour ainsi dire, plus ou moins supprimés, l'inhibition ne se produit qu'avec une extrême difficulté, et, par conséquent, il y a là, au point de ^iie médico-légal, une condition de restrictions importantes qu'il ne faut pas négliger dans certaines circonstances.

D'autre part, la moelle conserve, à cette période, tout son pouvoir fonctionnel : ainsi un homme ivre absolument incapable de marcher, pourra encore, s'il est un cavalier, et lorsqu'on l'aura mis à cheval, car il serait incapable d'y monter tout seul, pourra se tenir à cheval et fournir ainsi de grandes courses : dans ce cas, la contraction des adducteurs est provoquée d'une façon réflexe par le frottement des cuisses contre la selle, et la moelle jouit encore suffisamment de ses propriétés fonctionnelles pour pouvoir agir comme centre nerveux secondaire et permettre à l'individu de se maintenir en équilibre et de fournir un course plus ou moins longue, alors que le même individu remis à terre sur ses pieds est absolument incapable de se tenir debout. La quantité de l'excitation transmise à la moelle est plus grande dans le cas du cavalier, soit parce que les surfaces excitées par frottement sont plus considérables, soit parce que les points excités sont plus rapprochés du centre, peut-être pour ces deux raisons à la fois ; mais, dans tous les cas, la moelle arrive à recevoir une excitation suffisante pour maintenir l'équilibre et que ne lui communiqué pas la station debout.

Voilà autant de faits qu'il est important de retenir, Messieurs, toi>jours au point de vue médico-légal, et toujours au point de vue de cette question qui peut vous être posée : Tel individu, dans tel état d'ivresse, était-il capable de fournir une course à cheval aussi longue

Page 1