‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 124 sur 486 · TROISIEME DEGRÉ DE L'IVRESSE · texte numérisé non relu

TROISIEME DEGRÉ DE L'IVRESSE

sonnages de son drame de Macbeth que ralcool a surtout pour effet de déterminer les phénomènes suivants : < Il rougit le nez, fait dormir et pisser ». Il fait remarquer également la surexcitation passagère et trompeuse qu'il détermine dans la sphère erotique : « C'est un grand maître d'équivoque ; il cause la volupté et la détruit, l'aiguilïone, puis l'arrête en chemin, l'excite, puis la décourage ». Cela représente précisément les phénomènes auxquels est en proie l'individu lorsqu'il arrive à cette deuxième période, caractérisée par les phénomènes suivants, qui manifestent déjà l'action toxique que l'alcool exerce sur l'économie : nausées, sueurs froides, pâleur, refroidissement, bientôt même des vomissements qui débarrassent l'économie d'une plus ou moins grande quantité de la substance toxique qui y a été introduite.

A ces symptômes peuvent se borner les phénomènes toxiques de l'ivresse, lorsque la quantité de l'alcool ingéré n'a pas été trop considérable ; mais si elle a été suffisante, on arrive alors au troisième degré de l'ivresse, que l'on pourrait caractériser par l'appellation d'ivresse comateuse ou apoplectique, parfois même d'ivresse éclaniptique. Ce troisième degré est caractérisé par l'abolition plus ou moins complète de la motilité, de la sensibilité et de la volonté.

Au point de vue de la motilité, l'individu est absolument réduit à l'état de masse inerte, il est en état de résolution complète; les sphincters sont relâchés, les sécrétions ou les excrétions non retenues ; tous les organes et les membres sont abandonnés à l'action de la pesanteur, et l'abandon des muscles de la paroi thoracique, notamment, fait que la respiration du sujet contracte un rythme tout à fait particulier, que l'on a qualifié en disant qu'il fume la pipe; et en effet, le rythme respiratoire est absolument analogue à celui que présente un individu qui fume une pipe en soufflant des bouffées de fumée de temps à autre.

La sensibilité est plus ou moins complètement abolie : c'est précisément pendant cette troisième période de l'ivresse alcoolique que l'on a pu réaliser des opérations chirurgicales graves, voire même pratiquer des accouchements, sans que les patients aient eu conscience de ce qui se passait, et que Ton a réalisé notamment, ainsi que je vous l'ai indiqué l'année dernière, à propos de l'historique des anesthésiques, des opérations telles que la résection de la hanche, pratiquée par Blandin sur un individu en état d'ivresse complète, qui n'eut

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