ANESTHÉSIE — RESPIRATION, CIRCULATION
aucun souvenir de cette opération, ni aucune sensation de ses diverses phases. D'ailleurs, les observations médico-légales nous montrent assez fréquemment des ivrognes supportant des offenses très considérables, se trouver brûlés ou écrasés, par exemple, sans avoir absolument rien ressenti.
A cette pédode, la face, qui avait été primitivement congestionnée, est devenue pâle; les traits sont altérés; la respiration, qui avait subi une accélération dans les deux premières phases, mais surtout dans la première, est devenue inégale, suspirieuse, ressemblant à la respiration d'un sujet en état d'apoplexie par hémorrhagie cérébrale. L'œil est terne, vitreux, les pupilles qui étaient contractées dans la première phase, subissent une dilatation phis ou moins marquée, en même temps que l'on constate la disparition du réflexe rétinien, ce qui est absolument d'accord avec l'état d'anesthésie profonde dans lequel se trouve le sujet.
La respiration, dis-je, est ralentie, profonde, stertoreuse, absolument irrégulière, diaphragma tique, toujours embarrassée; et je vous ai signalé ce fait, dans l'expérimentation sur les animaux, que chez le chien, par exemple, le nombre des respirations pouvait descendre à un chiffre extrêmement bas : on a noté en effet celui de cinq respirations seulement par minute chez cet animal. En même temps, d^abondantes mucosités obstruent la bouche et les bronches; l'individu est constamment sous la menace de l'asphyxie, qui peut souvent se réaliser avec la plus grande facilité par simple obstacle mécanique.
Quant à la circulation, primitivement, le pouls avait augmenté d amplitude, les contractions cardiaques avaient subi une augmentation de vigueur; à cette période, le pouls est petit et lent, et l'on voit la tension sanguine subir une notable diminution, alors qu'à la première période elle avait augmenté de valeur. La température, ainsi que je l'ai déjà dit, est extrêmement abaissée à cette période ; on a noté les chiffres suivants, comme températures extrêmement basses : 19' chez le chien, 24* chez l'homme.
Cet état d'ivresse comateuse est très fréquemment mortel : dans un dixième des cas, on voit la mort succéder à l'ensemble des phénomènes que je viens de décrire. Devergie attribuait à cet état d'alcoolisme aigu la cause des morts subites dans 35 p. 100 des cas, c'est-à-dire un peu plus du tiers des cas de morts subites. Dans ces conditions,