‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 130 sur 486 · ARRÊT RESPIRATOIRE PRIMITIF · texte numérisé non relu

ARRÊT RESPIRATOIRE PRIMITIF

L'arrêt respiratoire précède ici, notablement, l'arrêt du cœur. On avait voulu trouver autrefois à l'alcool une action élective particulière sur les cellules nerveuses du plancher du quatrième ventricule; l'on admettait qu'en vertu de cette action, il se produisait une sorte de sidération immédiate du centre respiratoire, et que l'alcool tuait ainsi par arrêt primitif de la respiration. Mais il s'agit en réalité d'une stupéfaction et non d'une paralysie immédiate; et la preuve, c'est que si l'on fait une expérimentation sur les animaux, en leur introduisant par ingestion ou même par injection intra-veineuse, une quantité d'alcool certainement suffisante pour déterminer leur mort, on a la possibilité de rappeler à la vie, par de simples manœuvres de respiration artificielle, ces animaux chez lesquels tout phénomène respiratoire a cessé. Cette interprétation est donc inexacte : le centre respiratoire est plus ou moins énei^iquement stupéfié sous l'influence de l'alcool, mais n'est pas absolument paralysé.

Il faut, dans ces circonstances, — et c'est le seul moyen par lequel on puisse espérer lutter efficacement contre l'action toxique de l'alcool ingéré en une seule fois à trop haute dose, — il faut entretenir la respiration artificielle, jusqu'à ce que les cellules ainsi brutalisées, si l'on peut ainsi dire, sous l'influence de l'alcool, aient eu le temps de réagir; et il faut se souvenir de ce fait que démontre l'expérimentation sur les animaux, c'est que l'arrêt respiratoire dépend beaucoup moins de la quantité d'alcool qui entre dans la circulation, que de la rapidité avec laquelle cet alcool pénètre dans le sang. Une preuve de la véracité de cette interprétation, c'est le fait que j'ai déjà signalé, delà rapidité avec laquelle les vapeurs d'alcool absorbées par l'appareil respiratoire sont capables de déterminer des accidents toxiques, aussi bien chez l'homme que chez les animaux. L'ordre d'envahissement de l'axe cérébro-spinal est absolument le même que celui que l'expérience a appris relativement à Faction des hypno-anesthésiques : c'est d'abord le cerveau qui est influencé, d'où dépendent principalement les phénomènes exercés par l'alcool sur l'intelligence et la volonté; puis le cervelet, sous la dépendance duquel se trouvent les phénomènes d'équilibre et de coordination des mouvements de locomotion ; ensuite, la protubérance, ce qui est indiqué par les phénomènes de sensibilité générale et tactile; ensuite la moelle, dont l'influence nous est révélée par la cessation des

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