PARALYSIE DU SYSTÈME NERVEUX
La paralysie de tout le système nerveux est graduelle et précoce ; les filets nerveux sensitifs sont paralysés avant les filets nerveux moteurs. L*anesthésie va progressant de la périphérie au centre, exactement comme nous l'avons vu avec toutes les substances hypnotiques et avec les substances anesthésiques .lorsque leur action est poussée à l'extrême et susceptible d'amener des phénomènes d'hypno-anesthésie. Quand l'action de l'alcool envahit le bulbe, la mort se produit alors par arrêt respiratoire. D'ailleurs, à cette période, tous les centres bulbo-médullaires sont Intéressés : le centre vaso-moteur principal, le centre des convulsions généralisées, le centre de la thermogénèse, le centre cardiaque, le centre respiratoire, etc. Ces phénomènes se traduisent par des mouvements de déglutition, des vomissements, la déviation conjuguée des globes oculaires, des cris aigus, du mâchonnement, des contractures des membres, des troubles respiratoires et cardiaques, et enfin une insensibilité cutanée complète et aussi intense que celle que l'on peut observer dans Tanesthésie la plus profonde.
Tout d'abord, sous l'influence d'une dose mortelle d'alcool absorbée en une seule fois, on peut voir, par suite de l'excitation des racines des pneumogastriques, un ralentissement du cœur et une augmentation de l'amplitude des mouvements respiratoires ; mais, bientôt, la paralysie succédant à cette action excitante primitive, la respiration se ralentit, devient irrégulière ; l'irritabilité de la substance grise, notamment du quatrième ventricule, s'anéantit peu à peu, et détermine un arrêt respiratoire, tandis que les contractions du cœur s'accélèrent en perdant de leur énergie ; dans ces conditions, le cœur s'arrête toujours en état de diastole.
C'est d'ailleurs par la paralysie complète de la moelle allongée que l'alcool entraîne la mort, lorsqu'il est ingéré en une seule fois à une dose capable de la déterminer. Il y a bien, sous son influence, provocation d'une asphyxie, mais l'action sur les hématies ne suffirait certainement pas, à elle seule, pour anéantir l'hématose. Il faut, pour que la mort se produise, que l'excitabilité de la moelle, et surtout celle du bulbe, soient abolies; c'est à cette condition que l'arrêt respiratoire se produira, d'abord, et, consécutivement, l'arrêt cardiaque. On observe parfois, dans la période d'excitation cérébrale qui 8e produit d'une façon extrêmement précoce, au début de cette intoxication, un accès transitoire de manie aiguë.