SUSCEPTIBILITE INDIVIDUELLE
dans des bouteilles; c'était un homme parfaitement sobre; il fut pris dalcootisme aigu à forme comateuse et il succomba dans Tespace de dix-huit heures. J*ai déjà appelé votre attention sur le fait de la très rapide absorption, dans l'organisme, de Talcool pénétrant à Tétat de Tapeur, par l'intermédiaire de l'appareil respiratoire.
Un mot, Messieurs, sur la susceptibilité individuelle. C'est là encore uoe question sur laquelle on tend actuellement à faire prédominer des idées diflërentes de celles qui étaient acceptées jusqu'à présent. Tandis que pour Lasègue, — et pour ma part je partage absolument cette manière de voir, — il n'y avait pas d'égalité devant l'alcool, c'est-à-dire que, pour lui, chacun réagissait vis-à-vis de l'alcool suivant une modalité déterminée pas son idiosyncrasie, au contraire, maintenant, on tendrait à admettre l'égalité de l'empoisonnement devant l'alcool.
Je ne saurais trop, pour ma part, m'élever contre cette manière de voir, contre laquelle plaident absolument tous les faits que l'on peut obsener. Il est de connaissance banale, vulgaire, que personne ne réagit vis-à-vis de l'alcool de la même façon ; il n'y a pas deux individus au monde qui réagissent, en présence de l'alcool pas plus qu'en présence de toute autre substance médicamenteuse, du reste, de la même manière; et cela est surtout vrai pour l'intoxication chronique. Pour l'intoxication aiguë, cette inégalité est évidente même si les doses sont considérables. Mais cette inégalité, sur laquelle insistait avec tant de raison Lasègue, se montre surtout, lorsqu'il s'agit, comme nous le verrons, d'intoxication chronique.
Les cas d'intoxication aiguë par l'alcool sont assez nombreux. C'est ainsi qu'à Londres, dans l'espace de soixante-dix ans, d'après une statistique due à Sussmilch, il y a eu 1 200 cas de mort par cette cause. A Berlin, en six ans, Casper a noté 19 cas de mort dans les mêmes circonstances. En Russie, on acompte 650 morts dans l'année 1845, 676 dans l'année 1846. Enfin, en France, on a relevé dans 1 espace de 7 ans, de 1840 à 1847, 1 622 morts par alcoolisme aigu. Je vous rappelle ce fait que, pour Devergie, la mort subite aurait pour origine et pour cause, dans un dixième environ des cas, l'alcoolisme aigu.
Ainsi que je l'ai signalé en insistant sur l'étude qui a été faite avec beaucoup de soin par Maurice Raynaud, très fréquemment, aussi bien chez les animaux que chez l'homme, à la suite d'une atteinte