DOSE MORTELLE DE L'ALCOOL
.Comme vous le voyez, cette quantité paraît très considérable; elle Test, je crois, beaucoup trop; et ils sont assez nombreux, actuellement, les cas dans lesquels Tingestion, en une seule fois, d'une quantité de cognac beaucoup moindre que celle que je viens d'indiquer, par exemple d'un demi-litre, a pu déterminer la mort. Je sais bien qu'il faut compter ici, quoiqu'on en dise actuellement, avec les impuretés qui augmentent dans une assez notable mesure la toxicité réelle de l'alcool éthylique : j'aurai l'occasion de revenir dans un moment sur cette question, mais il est temps de vous dire dès à présent, que cette question semble subir une évolution.
Tandis qu'autrefois, l'on était disposé à accorder aux substances accompagnant l'alcool ordinaire, et notamment aux alcools homologues supérieurs de l'alcool éthylique, une action toxique assez considérable intervenant dans l'évolution des phénomènes, actuellement, par un retour peut-être exagéré, on voudrait imputer à l'alcool éthylique seul ou presque seul, la totalité des accidents. Je crois que ces deux manières de voir sont exagérées chacune dans leur sens; et, s'il est incontestable, comme nous allons le voir, que l'alcool éthylique, à lui seul, constitue une substance éminemment toxique, vouloir à peu près innocenter de toute action encore plus énergiquement toxique les alcools supérieurs, les aldéhydes, les acétones, les produits de toute espèce qui accompagnent l'alcool éthylique dans les diverses boissons fermentées, est une erreur très grave, à mon sens.
Des quantités beaucoup moindres que celles que je viens d'indiquer, c'est-à-dire moindres qu'un demi-litre d'eau-de-vie ingéré en une seule fois, ont pu déterminer la mort dans certaines circonstances. C'est ainsi que l'on doit à Cramer une observation relative à un enfant de six mois chez lequel l'administration de deux cuillerées à soupe d'eau-de-vie, diluées dans une potion, avaient déterminé la mort dans l'espace de neuf heures. Dans ce cas, on avait donné l'alcool à cet enfant pour le calmer, suivant cette funeste habitude contractée par beaucoup de gens de la campagne. La quantité ingérée correspondait à 24 grammes d'eau-de-vie à 45 p. 100, soit à 10 grammes 80 d'alcool absolu. Cette quantité, dis-je, a suffi pour amener la mort de l'enfant dans l'espace de neuf heures, avec les symptômes d'alcoolisme aigu que j'ai décrits précédemment.
D'autre part, Gtibler rapporte le fait d'un adulte ayant respiré des vapeurs d'alcool en transvasant, dans une cave, de l'alcool d'un fût