ROLE DES EMOTIONS
naturellement Tinfluence de Tivresse comme cause déterminante de la mort, en raison de la quantité d^alcool qui a été ingérée, et qui a pu, à elle toute seule, provoquer la mort; mais il est très fréquent de voir des blessures légères, reçues en état d'ivresse, déterminer la mort, par un contre-coup que vous vous expliquerez facilement après les détails que je vous ai donnés sur Talcoolisme aigu. C'est ainsi par exemple, que des blessures très légères, chez un individu en état d'alcoolisme aigu, peuvent occasionner facilement la congestion cérébrale et pulmonaire à laquelle l'individu succombera.
D'autre part, vous pouvez être appelés à vous prononcer sur des cas de mort paraissant résulter du froid ou d'une blessure consécutive à une chute, alors que l'individu était en état d'ivresse. Dans ces deux cas, l'abolition de la sensibilité fait que le sujet n'a pas pu réagir; et alors, le plus souvent, on trouve des traces d'apoplexie méuingée ou d'apoplexie pulmonaire ; fréquemment aussi l'on voit la coexistence de ces lésions, apoplexie méningée et apoplexie pulmonaire. Dans ces cas, j'ai déjà appelé votre attention sur le rôle 4rès important joué par les émotions de différente espèce, et ce n'est pas, d'ailleurs, pour l'alcool seul que nous avons à tenir compte du rôle énorme joué par les émotions.
Je vous ai parlé, autrefois, du rôle très remarquable et prépondérant, bien mis en lumière par un certain nombre d'observateurs, que jouent les émotions relativement à l'intolérance subite manifestée par des épileptiques que l'on traitait par l'extrait de belladone, et qui étaient arrivés à absorber la dose journalière de 70 à 80 centigrammes d'extrait de belladone par vingt-quatre heures : tout d'un coup, sous l'inQuence d'une émotion vive, ces sujets manifestaient les symptômes de l'intoxication belladonnée, absolument comme s'ils avaient ingéré, en une seule fois, la dose de belladone capable de manifester des accidents graves.
Eh bien, il en est de même pour l'alcool; et l'on peut voir, sous l'influence d'une émotion violente, telle que saisissement, frayeur, colère, éclater une attaque de delirium tremens. D'ailleurs, de l'avis de tous les médecins-légistes, l'apoplexie pulmonaire, mais surtout l'apoplexie méningée, constituent des lésions qui sont, sinon constantes, disait Tardieu, du moins extrêmement fréquentes, et presque caractéristiques de l'alcoolisme aigu. Il est bien entendu que ces lésions doivent être confirmées par l'examen du contenu de l'estomac