‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 142 sur 486 · PASSAGE DE L'ALGOOL DANS LES SÉCRÉTIONS · texte numérisé non relu

PASSAGE DE L'ALGOOL DANS LES SÉCRÉTIONS

et Todeur des viscères qui ne manqueront jamais d'éclairer complètement sur la cause réelle de la mort.

Quelques mots, Messieurs, sur l'élimination et le passage de Falcool dans les sécrétions. La durée de l'élimination et du contact avec les éléments anatomiques paraît influencer dans une très large mesure, comme nous Talions voir, les lésions de l'intoxication chronique. C'est ainsi que les lésions du foie, les lésions des parois vasculaires, les lésions du système nerveux, sont certainement en rapport avec la durée pendant laquelle ces différents systèmes anatomiques sont en contact avec l'alcool. On sait maintenant, grâce aux expériences de Perrin, Lallemand et Duroy, que l'élimination par la voie pulmonaire dure en moyenne de huit à dix heures et que l'élimination rénale se prolonge pendant quinze à vingt heures : cela lorsqu'il s'agit de doses petites et moyennes, et lorsqu'elles sont applicables à un individu sain, c'est-à-dire, autant que possible, exempt de tares.

Mais, à côté de ce fait, je vous ai signalé celui-ci : lors que l'organisme est saturé d'alcool, le passage se fait par toutes les sécrétions et toutes les excrétions ; l'élimination est considérablement ralentie, puisque nous savons que tous les phénomènes de la nutrition subissent, par le fait de l'alcool, une action de ralentissement extrêmement énergique; de telle sorte que la saturation de l'organisme est facilitée dans ce cas par la sorte de déchéance que subissent les différents éléments anatomiques qui ne peuvent plus se débarrasser de la substance toxique aussi rapidement qu'ils le faisaient au début.

Il est une sécrétion à propos de laquelle la considération de l'élimination présente un intérêt considérable : je veux parler du lait. Vous savez qu'à plusieurs reprises on a signalé le fait d'alcoolisme déterminé chez les nourrissons par des nourrices adonnées à l'alcool : bien souvent l'on voit des nourrissons avoir, sans cause apparente, des troubles digestifs, voire des convulsions ; si l'on fait surveiller alors la nourrice, on s'aperçoit que celle-ci, parfois sans se livrer à de véritables excès de boissons alcooliques, en consomme cependant une quantité supérieure à celle qui lui conviendrait; et si Ton arrive à supprimer cette ingestion de boissons alcooliques, on voit les phénomènes dont je parlais tout à l'heure disparaître rapidement chez le nourrisson.

Cette question a été assez discutée, il y a quelques années, et un

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savant, Max Stumpf, a fait des expériences sur les animaux. Malheureusement, il a très mal choisi l'espèce animale qui lui a servi pour ses expériences : il a opéré sur des chèvres, et il a remarqué qu'après les avoir alcoolisées, à forte dose, il n'était pas possible de déceler des traces d'alcool dans leur lait. Mais ces expériences sont absolument fautives, parce que, d'abord, l'alcool ne passe pas dans le lait ches les herbivores; et, d'autre part, la chèvre constitue un réactif des plus insensibles vis-à-vis de l'alcool. Ça n'est pas, d'ailleurs, la seule substance toxique pour laquelle nous voyons la chèvre présenter une sorte d'immunité; vous savez que les chèvres peuvent manger du tabac, de la belladone, du cytise, une quantité de substances extrêmement toxiques, sans éprouver aucun phénomène d'intoxication. Sous l'influence de l'alcool, on observe seulement chez ces animaux une notable augmentation des matières grasses dans le lait, sans qu'il y ait trace du passage de l'alcool dans cette sécrétion.

D'autre part, un fait à rapprocher des précédents, que je crois TOUS avoir déjà signalé et que nous devons à l'observation de Béchamp et Estor, c'est l'existence d'une petite quantité d'alcool dans le lait normal, quantité qui est très difficile à mettre en évidence, mais qui provient, très probablement, de la métamorphose des substances amylacées dans l'organisme.

Un mot encore. Messieurs, sur les phénomènes de tolérance et d'idiosyncrasie que l'on peut observer relativement à l'alcool. 11 est rationnel d'envisager ces phénomènes de tolérance dans deux circonstances, suivant que l'organisme est sain ou suivant que l'organisme est malade.

Lorsque l'organisme est normal, la tolérance varie d'abord, bien entendu, avec les individus; en second lieu, avec l'état de vacuité ou de plénitude de l'estomac; j'ai déjà appelé votre attention sur ces faits que l'ingestion d'une quantité, même faible, d'alcool dans l'estomac vide d'aliments, pouvait déterminer les premiers symptômes de l'ivresse, alors que l'ingestion de la même quantité d'alcool dans un estomac renfermant des substances alimentaires, n'était suivie d'aucun symptôme extérieur révélateur de la présence de cet alcool. En troisième lieu, la température de l'atmosphère exerce également une influence assez considérable sur cette tolérance ; enfin la latitude et le climat.

On pensait autrefois, et c'est encore une croyance malheureu-

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