IMPERFECTION DE NOS CONNAISSANCES
jusqu'alors, donné de résultats concordants avec ceux que Ton observe en employant les substances pures qui prédominent dans chacun de ces fractionnements.
« Les expériences de MM. Dujardin-Beaumetz et Audigé sur la puissance toxique des alcools homologues supérieurs de Talcool éthylique, pas plus que celles de MM. Laborde et Magnan sur les bouquets artificiels, le furfurol etc., ni celles de MM. Morin, Claudon et Wurtz sur les bases retirées des alcools, ne peuvent suffire à interpréter rintoxication aiguë ou chronique par les alcools : chacune de ces expériences est en quelque sorte un tableau du drame ; mais il en manque encore pour relier et coordonner le tout et reproduire la série des phénomènes que révèle l'étude clinique de Falcoolisrae.
< En résumé, on ignore encore à quel ensemble de composés sont dus les accidents de l'intoxication alcoolique : quelques substances bien définies peuvent être incriminées à juste titre, d'autres restent encore à trouver, et il semble que ce soit vers les mauvais alcools d'industrie que doivent être dirigées plus spécialement les recherches. Nous disons à dessein mauvais alcools d'industrie^ car à l'aide des procédés actuellement connus, il est facile d'obtenir des produits d'une pureté de beaucoup supérieure à celle des meilleurs alcools de vin ou de fruits.
€ Pour résoudre la question, il faudrait pouvoir se placer dans les conditions du buveur d'habitude, qui, journellement, à petites doses, absorbe pendant des mois ou des années des liquides alcooliques plus ou moins impurs ; ce sont là des expériences extrêmement délicates, difficiles, de très longue haleine, pour lesquelles l'association de chimistes, de physiologistes et de cliniciens est absolument nécessaire.
c [1 n'est donc pas possible, actuellement, de dresser une liste des produits nocifs contenus dans les alcools de diverses provenances; les plus subtils de ces produits toxiques nous sont encore inconnus. On ne peut dire qu'une chose, la nocivité de quelques-unes de ces substances est démontrée, mais les expériences actuellement connues ne nous donnent pas l'explication de tous les accidents dont nous sommes journellement témoins.
« Depuis quelques années, en effet, l'alcoolisme et ses diverses modalités sont devenus beaucoup plus inquiétants. D'une part, les hommes sont bien plus fréquemment frappés qu'autrefois; dans nos services d'hôpitaux, ce sont les alcooliques qui dominent, les femmes