ABSORPTION A BREF OU A COURT DÉLAI
Uvement à la consommation de Talcool et au degré de pureté des alcools qui sont consommés, voici ce que je disais :
« Les hygiénistes ont souvent invoqué, avec raison, les belles expériences de Rabuteau, celles de MM. Dujardin-Beaumetz et Audigé, celles de M. Magnan, celles de M. Laborde, etc. Les auteurs ont mis en évidence Tinfluence particulièrement nocive de certains alcools, de certains produits contenus dans les alcools. Nous acceptons avec eux que les alcools livrés à la consommation doivent être débarrassés de ces substances particulièrement nocives. Mais il y a lieu de faire une remarque. Alors même qu'une des substances expérimentées sur les animaux, dans les conditions où se sont placés ces expérimentateurs, donnerait des résultats qui tendraient à en démontrer l'innocuité, nous serions en droit de faire les plus grandes réserves. Nous savons, en effet, pour les substances dont la nocuité est le mieux démontrée, que la même dose injectée sous la peau ou ingérée par le tube digestif détermine des effets fort différents, suivant la voie d'introduction.
« Ainsi, on soumet couramment les syphilitiques à un traitement mercuriel ; la quantité de mercure absorbée en quelques mois est relativement considérable; les accidents qui peuvent résulter du traitement diffèrent absolument, suivant que le mercure est administré sous forme de potion, de pilules ou de frictions : ils diffèrent encore bien davantage des accidents que Ton observe chez les ouvriers qui étament les glaces, chez ceux qui font le secrétage avec le nitrate acide de mercure et chez les ouvriers des mines de mercure.
« Un des traitements les plus fréquemment usités dans la dysenterie au commencement du siècle était Tacétate de plomb, dont on donnait journellement 60 à 80 centigrammes. On ne signalait aucun accident ; que Ton fasse absorber, non plus en un jour, mais en un mois, la cinquième partie de cette dose (10 à 20 centigrammes dans le mois) à un sujet quelconque, il aura des coliques de plomb, des paralysies saturnines.
« On ne peut donc pas affirmer qu'une substance contenue dans un alcool est innocente, parce que, ingérée à une dose assez considérable par le tube digestif d'un animal ou injectée sous sa peau, elle n'a produit aucun accident appréciable.
« L*expérimentation physiologique pratiquée à l'aide des produits obtenus par distillation fractionnée des alcools impurs n'a pas.