‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 197 sur 486 · ALCOOLISME ET CRIMINALITÉ · texte numérisé non relu

ALCOOLISME ET CRIMINALITÉ

c Ea France, il en est de même, et nous nous débattons, sans pouvoir en sortir, dans cette cruelle alternative. Des gens qui ont fait, sans être des alcooliques démontrables, des excès faibles, mais journaliers, parfois prédisposés par hérédité, trouvent dans Talcool rimpulsion nécessaire pour accomplir un crime ou un méfait. Quelle part faut-il réserver à cette intoxication? Sont-ce des justiciables de la cour d'assises, ou doivent-ils être dirigés vers un asile? Dans celui-ci, privés de leur cause d'excitation, ils redeviennent raisonnables, on ne peut les retenir enfermés, ils sortent, boivent et font de nouvelles victimes. Depuis quelques années, ces crimes, dus à une impulsion toxique, augmentent dans une proportion qui doit émouvoir le législateur. Ce n*est pas d'ailleurs Tintelligence seule qui est frappée, la sensibilité, la motilité le sont également.

« En présence de ces accidents, de ces formes toxiques de l'alcoolisme dont quelques-unes étaient inconnues, les médecins se sont demandé s'il fallait incriminer seulement la quantité d'alcool bu, ou s'il n'était pas survenu dans la constitution mênxe des alcools consommés de profondes modifications. Ils ont accusé l'alcool d'industrie, à tort pour les alcools bien rectifiés; mais ne savons-nous pas que, dans les boissons vendues sous le nom d'absinthe, d'amers de toutes espèces, on livre souvent des alcools dont la composition est absolument défectueuse? Beaucoup de ces alcools peu ou mal rectifiés contiennent des proportions d'alcools de queue ou de tête dont le goût ne permettrait pas l'usage s'il n'était masqué par l'addition des arômes auxquels on attribue des propriétés apérilives.

< Ce que les médecins ont vu et ce qui est incontestable, c'est que les formes graves de l'alcoolisme se multiplient; ils ne peuvent aller plus loin ; les individus qu'ils observent ne boivent pas, en eflfet, de l'alcool sous une forme unique, et l'analyse des substances les plus toxiques contenues dans l'alcool est impossible par la clinique seule.

« Qu'il nous soit permis, en terminant, d'appeler l'attention sur un autre ordre de considérations. L'alcoolique, nous ne voulons pas dire en ce moment celui qui est malade, mais bien celui qui fait un usage un peu exagéré et journalier des liqueurs fermentées, est un élre affaibli cérébralement. Il n'a aucune résistance devant une tentation même assez faible, il ne sait pas réfléchir ou prévoir. Chacun de nous a vu des individus excités par la boisson ; ce qui fait l'étrangeté parfois bouffonne de ces individus, c'est que l'acte suit immédia-

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