‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 196 sur 486 · ALCOOLISME ET MALADIES · texte numérisé non relu

ALCOOLISME ET MALADIES

fait que, fort souvent, les tuberculeux, au début de leur affection, considèrent l'alcool comme un remède de la tuberculose. Je crois que, dans certaines circonstances, des individus au début d'une tuberculose ont pu devenir alcooliques en croyant se soigner au moyen de liqueurs alcooliques employées en proportion relativement pas trop considérable; mais que, sur ces terrains prédisposés à subir raction de Talcool, cet alcoolisme a pu se développer avec une grande rapidité. Ce serait là, pour moi, l'explication de l'écart, relativement considérable, de ces deux statistiques.

Pour ce qui regarde les cancéreux, on ne possède pas de statistiques portant sur des cas nombreux, mais Jacquet, sur 8 cancéreux, a relevé 6 alcooliques : ce chiffre me paraît intéressant à rapprocher de la fréquence concomitante du cancer et de l'alcoolisme; je serais même porté à dire que Ton pourrait faire une carte de la répartition géographique du cancer et de l'alcoolisme, sur laquelle on vériflerail une morbidité alcoolique et cancéreuse tout à fait comparables : je crois même qu'on pourrait affecter du même titre de répartition les régions dans lesquelles domine le cancer et celles dans lesquelles domine l'alcoolisme.

Un dernier mot, Messieurs, sur le fait, très caractéristique, des individus alcooliques quoique ne s'étant jamais enivrés. Vous savez que, très fréquemment, l'on trouve, chez les gens du monde surtout, des individus présentant des tares alcooliques indiscutables, et qui vous disent avec ingénuité : « Moi, mais je ne me suis jamais grisé! » Tout cela dépend de la façon dont l'alcool est supporté ; mais, quelle que soit la façon dont il est supporté, une chose qui paratt bien certaine, c'est la diminution considérable de la force de résistance de l'individu, ce qui peut se manifester de deux façons : ou bien l'individu jouant un rôle actif, c'est-à-dire devenant la proie des paralysies, du delirium tremens ou de l'aliénation mentale; ou bien l'individu jouant un rôle passif, c'est-à-dire devenant un terrain de moindre résistance et un terrain sur lequel un très grand nombre d'infections, — tuberculose, syphilis, etc., — se sèment et prolifèrent avec une merveilleuse rapidité.

Dans le rapport dont j'ai eu déjà l'occasion de vous citer un passage, j'ai dû envisager aussi ce côté de la question relativement à la consommation de l'alcool; et voici de quelle façon je m'exprimais alors : .

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