‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 204 sur 486 · L'ALCOOL COMME ALIMENT · texte numérisé non relu

L'ALCOOL COMME ALIMENT

même à celles dont j'ai eu roccasion de vous entretenir Tannée dernière à propos des hypno-anesthésiques.

J'ajouterai, ainsi que je Tai déjà signalé, que la mort peut être la conséquence soit, le plus souvent, de Talcoolisrae aigu, soit, quelquefois, de l'alcoolisme chronique; et que le diagnostic médico-légal doit, dans tous les cas, être établi sur trois ordres de points différents : le premier relatif aux antécédents, c'est-à-dire aux conditions des manifestations alcooliques qui se sont montrées avant la mort; le deuxième, sur les lésions anatomiques — j'y ai suffisamment insisté pour qu'il me suffise de le rappeler ici — ; et le troisième, sur la recherche toxicologique de l'alcool, recherche qui se fait par des procédés purement chimiques sur lesquels je n'insisterai pas, que je ne ferai que signaler, et qui permettent d'arriver à une précision et à une sensibilité extrêmes, ainsi qu'il résulte des travaux de Gréhant et de Nicloux.

Usagre alimentaire de l'alcool. — J'en arrive maintenant, Messieurs, à une question encore extrêmement importante pour nous, à la question qui envisage l'alcool au point de vue de son utilisation comme agent alimentaire et relativement à l'hygiène. Comme vous le savez, j'ai toujours l'habitude, chaque fois qu'une substance que nous avons l'occasion d'étudier intéresse soit la médecine légale, soit l'hygiène, de m'étendre sur les considérations qui ressortissent à chacune de ces branches de l'art médical ; et, comme vous l'allez voir, celles qui concernent l'hygiène et l'alimentation sont, au point de vue de l'alcoolisme, des questions extrêmement importantes Nous allons donc aborder maintenant l'étude des boissons hygiéniques et l'utilisation alimentaire de l'alcool.

Tout d'abord, il convient de fixer certains points, nécessaires pour interpréter les phénomènes ; et je suis tout à fait d'accord avec Voit relativement à la façon dont il faut envisager les substances nutritives. Cet auteur admet deux sortes de substances nutritives, les unes destinées à fournir les éléments nécessaires à Toi^anisme, par exemple l'albumine, les graisses, l'eau, les sels minéraux; les autres, simplement destinées à ralentir les phénomènes de désassimilation subis par les premières, telles que l'amidon par rapport aux graisses, par exemple.

Eh bien, à ce point de vue, l'alcool, lorsqu'il est introduit à petite dose dans l'organisme de l'homme, rentre dans le deuxième groupe.

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