‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 203 sur 486 · HALLUCINATIONS EROTIQUES DE L'IVRESSE · texte numérisé non relu

HALLUCINATIONS EROTIQUES DE L'IVRESSE

raison de ce fait, au point de vue juridique et même au point de vue parement moral, Timputabilité persiste tant que la folie de l'individu Q*est pas absolument démontrée.

n faut donc, au point de vue médico-légal, faire d'une façon précise, absolue, la preuve de la démence pour que la responsabilité cesse au terme juridique de nos lois françaises. J'insiste sur ce point, Messieurs, et je l'ai déjà indiqué, que la raison et la conscience sont affaibUes chez les individus qui se livrent à l'alcoolisme d'une façon chronique; et que, chez eux, une moindre excitation est certainement suffisante pour les entraîner à commettre des actes délictueux : les passions n'ont plus de frein; mais, cependant, chez ces individus, il persiste encore une proportion plus ou moins considérable de liberté morale qui leur permet de discuter leurs actes et qui, dans une certaine mesure, les rend responsables de ces actes.

Vous voyez donc combien est délicate la tâche du médecin légiste qui est appelé à se prononcer dans ces circonstances et à tirer des coDcIusions précises de faits ou de circonstances aussi embrouillés et contradictoires. Il tient entre ses mains l'honneur et la liberté de Imdividu à propos duquel il doit se prononcer. Je n'insiste pas sur ce fait, sur lequel j'avais déjà attiré votre attention, que le dipsomane ^ est un aliéné ; il est absolument irresponsable, dans des conditions déterminées.

Un certain nombre d'autres considérations doivent encore être présentes à l'esprit du médecin légiste. C'est, d'abord, l'état d'ébriété de la victime qui peut prêter à certaines considérations médicolégales; ainsi, très fréquemment, les questions d*attentats à la pudeur se compliquent de ce fait que l'accomplissement de ces attentats a été facilité par l'ivresse dans laquelle a été plongée la victime : c'est là un point auquel il faut songer. Enfin, un autre point, très important également, et qui doit être signalé, relativement aux applications médico-légales, est celui-ci : l'ivresse produit des hallucinations erotiques, absolument comme nous l'avons vu pour les hypnoanesthésiques, et, par conséquent, il ne faut pas accueillir à la légère one accusation de tentative d'attentat à la pudeur qui serait portée par un individu reconnu en état d'ivresse au moment où le prétendu attentat aurait été accompli, attendu qu'au moment de l'acte incriminé des hallucinations seules peuvent avoir été en jeu : ces hallucinations, je le répète, peuvent être absolument analogues, identiques

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