‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 24 sur 486 · RESPIRATION. TEMPÉRATURE. SÉCRÉTIONS · texte numérisé non relu

RESPIRATION. TEMPÉRATURE. SÉCRÉTIONS

nets. A ce point de vue, Tingestion de doses répétées exerce une influence considérable.

La respiration n'éprouve généralement aucune influence de la part du sulfonal, lorsqu'il est administré aux doses médicamenteuses. Ce n est absolument que sous l'influence des doses toxiques, et même des doses énergiquement toxiques, que la respiration se trouve intéressée. On a prétendu que le sulfonal avait la propriété de déterminer une diminution de la toux : c'est là un fait qui ne me parait reposer que sur des observations prises un peu à la légère.

Quant aux modifications éprouvées par la température, elles sont exactement celles que j'indiquais tout à l'heure et qu'on a pu relever dans l'expérimentation chez les animaux. Sous l'influence des doses toxiques, l'individu éprouve une hypothermie très accentuée; les doses sub-toxiques, c'est-à-dire exagérées mais cependant incapables de déterminer des accidents graves, déterminent d'abord une légère hyperthermie, bientôt suivie d'hypothermie; enfin les doses faibles ne déterminent pour ainsi dire pas de variation de température, tout au plus une élévation de un ou deux dixièmes de degré au maximum.

On peut donc dire, en réalité, que, chez les sujets sains et normaux, les doses faibles, les doses médicamenteuses n'influencent sensiblement ni le cœur et la circulation, ni la respiration, ni la chaleur animale. De plus, le sulfonal possède sur d'autres hypnotiques un très grand avantage : c'est que, à ces doses modérées, on observe une intégrité complète des glandes annexes du tube digestif, pancréas et glandes stomacales et intestinales, entre autres : c'est dire qu'on n'observe aucun trouble digestif. Vous allez voir que les troubles digestifs sont, au contraire, un des symptômes constants des accidents que peut déterminer le sulfonal administré à trop haute dose ou d'une façon trop longtemps prolongée : je dirai même que ce sont des avertisseurs des accidents que le sulfonal va faire éclater.

Quant à l'action exercée sur les sécrétions, elles a été observée surtout chez l'homme relativement aux urines. La sécrétion urinaire est augmentée : cela est évident chez le cobaye, qui perd ainsi une quantité considérable de ses matériaux de nutrition. J'ajouterai un fait qui me paraît assez intéressant : c'est que cette hypersécrétion urinaire est surtout marquée chez les individus facilement impressionnables sous l'influence du sulfonal, je veux dire qui réagissent facilement sous l'action du sulfonal. Dans certains cas, la composi-

tion chimique de t'urine subit des modifications notables ; je vais y insister tout à l'beure, en parlant des accidents qui peuvent se présenter; mais un fait intéressant est celui-ci, c'est que sous l'influence des troubles déterminés par des doses exagérées, on voit apparaître dans l'urine, d'abord de la méthémoglobine, plus tard, de l'hématohyrine, dont la présence caractérise les intoxications graves par ilfonal. Cette élimination primitive de métbémoglobine semble iver une action également primitive sur le sang, se rattachant à lie j'appelais, tout à l'heure, l'inhibition des actes physiologiques hématies. Comme nous le verrons, tous les corps de ce groupe comprend le sulfonal, le trional et le tétronal, possèdent cette le action au point de vue de l'apparition de l'hématoporphyrine < l'urine.

Ssaltats cliniqaes. — Voyons maintenant. Messieurs, quels les résultats cliniques obtenus par l'emploi du sulfonal; c'est- -e, puisque nous nous sommes occupés tout à l'heure des reniements que pouvait fournir l'expérimentation physiologique, )ns à présent les renseignements que peut fournir la clinique, de attentive de la façon dont les individus auxquels on a admi- ■é le sulfonal ont réagi sous son influence. Tout d'abord, un fait tenir, et un fait fort intéressant, est celui-ci : il ne se produit d'accoutumance sous l'influence de l'administration prolongée du anal. Les effets somnifères sont constants, môme si on le donne lant un temps très long; on a dit qu'ils pouvaient durer pendant mois consécutifs : j'appelle votre attention sur cette durée de six s, parce que je la considère comme extrêmement dangereuse et ais vous en fournir bientôt des preuves.

n autre fait à retenir, fort intéressant aussi celui-là, et dont vous iz vous méfier, c'est l'accumulation du sulfonal dans l'éccoomie, imulation tenant d'une part à ce que sa décomposition dans l'ortsme est faible, et, d'autre part, à ce que son élimination est e, ainsi que je vous l'ai déjà dit. Cette accumulation détermine longue une action toxique lente, en même temps que la prolonon des effets; c'est ce qui permet précisément d'avoir l'explication effets médicamenteux du sulfonal. Cette action se caractérise des phénomènes tels que la somnolence, des bâillements, la îsse intellectuelle, surtout des troubles digestifs et moteurs. Les blés digestifs dont je vous faisais remarquer tout à l'heure

rimportance, indiquent de suspendre la médication par le sulfonal.

Au point de vue de son application, les cliniciens disent en avoir obtenu une action très efficace dans les insomnies liées soit à des troubles fonctionnels, soit à des lésions organiques du cerveau : ainsi les insomnies dans les cas de manie aiguë, de démence, de mélancolie, d*épilepsie, d'alcoolisme. L'alcoolisme aurait même été très lieureusement modifié par Femploi du sulfonal. Cependant, voici le revers de la médaille, dans toutes ces affections, il est nécessaire d'arriver à des doses assez hautes de sulfonal, pour obtenir un effet hypnotique; et alors interviennent les effets fâcheux, qui sont, sinon négligeables, au moins supportables, lorsqu'ils consistent simplement en céphalée avec faiblesse plus ou moins accentuée ; mais qui atteignent une importance beaucoup plus grande, lorsque, à ces phénomènes, viennent se joindre des troubles digestifs, des troublés circulatoires, des troubles de la respiration, des vomissements, de la diarrhée, même du délire dans certaines circonstances.

Je vous ai signalé l'action énergiquement dépressive que le sulfonal exerce sur le système nerveux. Eh bien, cette action dépressive doit précisément gouverner ses contre-indications c'est-à-dire que, — et c'est là l'opinion de la plupart de ceux qui ont fait un usage assez long du sulfonal, — dans les états dépressifs, il est contre-indiqué, en raison même de la dépression qu'il viendrait ajouter à l'état du malade. On lui a reproché d'augmenter les hallucinations, c'est un fait qui demande à être vérifié; mais, chez les aliénés surtout, ainsi que je l'ai indiqué déjà, lorsqu'il y a nécessité d'employer des doses fortes, on a pu, dans un très grand nombre de cas, déterminer des troubles graves, des parésies, de l'ataxie motrice, un état qu'on a qualifié d'abrutissement mental, la perte de l'appétit, des nausées et des vomissements.

Par contre, les observateurs sont d'accord pour considérer le sulfonal comme le plus parfait des hypnotiques chez les neurasthéniques, chez ceux dont l'insomnie est due au surmenage cérébral, chez les nerveux. Il serait contre-indiqué chez les cardiaques, au moins lorsque la dépression du système nerveux est à redouter : on a cité, par exemple, les cas d'angine de poitrine, d'artério-sclérose, de tachycardie et d'asthme comme constituant des contre-indications plus ou moins formelles à l'emploi du sulfonal.

IIP LEÇON

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