USAGE INTERNE DE L'ALCOOL
sang. C'est également un tonique astringent ; il active la cicatrisation en augmentant Texsudation de la lymphe plastique et en déterminant 8a coagulation à la surface des plaies. C'est, en réalité, un coagulant et un antiseptique de premier ordre. Dans ces circonstances, l'alcool doit être employé plus ou moins étendu. On l'emploie en général, au moment des opérations chirurgicales, à un état relatif de concentration, à 50, à 60 p. 100 : on le dilue jusqu'à 20 p. 100 pour les pansements. Il ne faut pas perdre de vue, dans cette circonstance, que l'addition de l'alcool à une substance antiseptique diminue, dans une plus ou moins notable proportion, le pouvoir antiseptique de cette substance, et cela quelque soit l'antiseptique en question; de telle sorte que, lorsqu'on utilise l'alcool dans ces conditions, il est presque préférable d'employer l'alcool seul, soit sous forme d'alcool dilué, soit sous forme de vin aromatique, à l'exclusion de toute substance antiseptique qui, eïle, ne devra être employée qu'en solution aqueuse ou glycérinée, à moins qu'une nécessité telle que l'insolubilité relative dans l'eau n'oblige à la dissoudre dans l'alcool.
Au point de vue de son usage interne, l'alcool a été recommandé surtout par certaines Écoles. Pour Brown, c'était le type des médicaments de l'incitabilité, et pour lui l'alcool» de par les qualités que nous avons appris à lui reconnaître, luttait avantageusement contre les phénomènes qu'il désignait sous le nom d'asthénie. Il est certain que les petites doses d'alcool augmentent, d'une façon notable, comme nous l'avons vu, l'énergie respiratoire, et, fait très remarquable à l'appui de cette propriété très utilisable et très utilisée de Talcool, cette action s'observe même après l'administration de la morphine.
Nous allons bientôt voir que la morphine, lorsqu'elle est administrée à une certaine dose, détermine une diminution notable de l'énei^e respiratoire : eh bien, dans ces conditions, l'ingestion d'alcool rétablit l'énergie respiratoire primitive. Par conséquent, c'est bien une preuve de l'excitation active que l'alcool exerce dans cette circonstance sur les centres nerveux présidant à la respiration. C'est d'ailleurs là une question de dose; et nous avons vu précédemment que cette excitation respiratoire est produite par des doses petites ou moyennes tout au plus, et qu'elle est au contraire diminuée parles doses fortes. Dans ces circonstances où nous avons remarqué que l'alcool peut déterminer cette augmentation de l'énergie respi-