USAGE INTERNE DE L'ALCOOL
ratoire, il est préférable de se servir d'un vin généreux, tel qu'un vin titrant 16 p. 100 d'alcool, comme le xérès ou le malaga-
Cette tendance à utiliser l'alcool comme stimulant du système nerveux fît bientôt place, sous l'influence des doctrines de Broussais et de sa théorie de l'irritabilité, à un abandon plus ou moins complet de son emploi ; et cependant, beaucoup de cliniciens de cette époque, et non des moindres, tels que Laënnec, Chomel, Franck, avaient reconnu les avantages de l'emploi de l'alcool dans la pneumonie des vieillards. Petit et Pinel avaient également fait usage du vin dans les fièvres typhoïdes à forme adynamique, et fait ressortir le grand avantage qu'on pouvait tirer, au point de vue de l'alimentation des malades, de l'emploi du vin dans cette circonstance. Mais ce sont les auteurs anglais à qui l'on doit la restitution à l'alcool de son rôle thérapeutique et la fixation très étroite des circonstances et des conditions dans lesquelles cet alcool devait être employé. C'est aux travaux de Carmichael Smith, de Graves, de Stokes, et surtout de Robert Todd, que l'on doit la résurrection, en quelque sorte, de l'emploi de l'alcool; et c'est à ce dernier auteur, Robert Todd, que l'on doit non seulement la formule qui porte son nom, mais une étude très circonstanciée de l'emploi de l'alcool et des conditions dans lesquelles cet alcool pouvait donner d'excellents résultats.
Todd démontra, ainsi que les auteurs précédents, les avantages considérables qu'on pouvait tirer de l'alcool dans les phlegmasies et les pyrexies en général ; et il donna des conclusions qui sont encore extrêmement importantes à considérer aujourd'hui. Je crois devoir TOUS rappeler ces préceptes de Todd, autant en raison de leur caractère philosophique que de la hauteur de vues en pathologie générale de celui qui les a tracés.
D'après Todd, l'idée si souvent dominante en thérapeutique que les maladies aiguës pouvaient être prévenues ou guéries par des moyens déprimant ou réduisant les forces vitales ou nerveuses était nne erreur absolue. Il prétendait d'abord que les maladies aiguës ne pouvaient être guéries par l'influence directe d'aucune forme de médîeament ou par aucun agent thérapeutique connu, sauf les cas où ces agents étaient capables d'agir comme antidotes ou bien de neutraliser les poisons dont la présence dans l'économie produisait la maladie. D'autre part, la maladie guérit par évolution naturelle, pour le développement complet de laquelle le pouvoir vital, les forces vitales