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PROCÉDÉS EMPIRIQUES

quelques gorgées d'eau glacée ou d'eau gazeuse, justement pour donner satisfaction à cette excitation extérieure qui est sinon Tunique, au moins la principale satisfaction recherchée dans Tabsorplion de lalcool. Cette médication doit être, en outre, aidée par l'emploi des toniques, notamment des toniques ferrugineux, du quinquina, et même de la strychnine.

SmirnoCr attribue à la racine du cabaret, Asarum europœum^ la propriété de relever l'appétit défaillant chez les alcooliques et de lutter efficacement contre le besoin factice, mais irrésistible de l'alcool. Il faudrait alors prescrire des pilules de 5 à 20 centigrammes de poudre de racine.

A côté de ces procédés, Messieurs, je signalerai ce qu'on pourrait appeler les moyens empiriques dont l'un, comme vous l'allez voir. De manque ni d'originalité ni de bizarrerie; mais, par une sorte de fatalité assez habituelle aux choses de ce monde, bien que ce procédé De date pas d'hier, il tend à se rapprocher d'un procédé absolument récent et qui, s'il n'a pas donné jusqu'alors des résultats bien certains, sollicite depuis quelque temps l'attention. Parmi ces moyens empiriques, il en est un, recommandé par les anciens auteurs, qui consiste à noyer une anguille vivante dans du vin rouge et à faire absorber ce breuvage à l'individu qu'on veut guérir de la passion de lalcool. L'inventeur de ce procédé ajoute qu'après avoir bu cette infusion d'anguille, l'individu est pris d'un tel dégoût pour l'alcool qu'il renonce absolument à boire. Je vous avouerai que je n'accorde pas à ce procédé un degré de confiance bien considérable : il est certain qu'au moment où l'on vient d'absorber ce breuvage, l'appétence pour le vin ne doit pas être bien prononcée, mais vous connaissez le proverbe : qui a bu, boira. Très rapidement, le vieil homme tend à reprendre le dessus.

J'arrive maintenant à ce procédé qui date de quelques jours à peine : c'est la sérothérapie de l'alcoolisme. Vous savez que MM. Broca, Sapelier et Thébault, ont proposé d'employer le sérum des animaux ayant été alcoolisés pour déterminer, chez les alcooliques invétérés, la guérison de l'alcoolisme. Il n'y a peut-être rien là de bien extraordinaire, surtout en ces temps de sérothérapie à outrance dans lesquels nous vivons. Il y a cependant quelque chose qui m'inspire une certaine défiance, c'est que les résultats sont vraiment trop beaux : cela permettrait seulement de ne pas boire en

414 SEROTHERAPIE DE L ALCOOLISME

quantité trop considérable, c'est-à-dire que cela n'enlèverait pas k l'alcoolique le goût du vin et des boissons alcooliques faibles, cela i enlèverait que le goût des liqueurs spirïtueuses, des liqueurs ences.

ici les conclusions des observateurs que je viens de citer, ion du sérum anti-alcoolique — qu'ils ont déjà baptisée de 3llation d'anti-éthytine — ne peut être attribuée h l'imagination la suggestion parce que, parmi les succès, certains sujets ont ■é la raison et la nature de leur traitement; parce que les hystés, les neurastbéniques et les suggestionnables figurent tous dans checs, ou tout au plus dans les améliorations. Cette action est lement physiologique et consiste en un réveil des actes réflexes l'ensemble constituait primitivement le dégoût instinctif de ime pour l'alcool. Le sérum actionne l'économie en excitant les s appareils à agir contre les effets du toxique, comme aussi eo ant sur la circulation, sur la nutrition, etc. Il rétablit l'habitude ière nature physiologique, au lieu et place de l'habitude seconde e, résultat de l'éducation, et perversion du goût à l'égard de ol. Le sérum anti-alcoolique referait de l'alcoolomane un ictif.

s expérimentateurs estiment que la production moins accentuée )ins énergique de ces phénomènes à l'égard du vin, s'expliquelar la faiblesse relative du vin en alcool et par la tare résultant lésordres provoqués par le vin sur l'appareil digestif. Je crois faudra laisser à ce procédé le temps de faire ses preuves. Mais vais le citer, ne fût-ce que comme terme de comparaison avec de l'anguille dont je parlais tout à l'heure. 8olog:le. — Nous voici arrivés à la pharmacologie de l'alcool et réparations alcooliques, c'est-à-dire aux différents modes d'emploi ilcool ayant pour but d'utiliser son action médicamenteuse. Les ts d'emploi de l'alcoolpeuvent se résumer en un certain nombre rmules dont deux ou trois surtout sont les principales, et ce sont eules que je citerai. C'est tout d'abord la fameuse potion de ', qui est ainsi composée :

Eau-de-vie vieille, ou rhum 40 grammes.

Sirop simple 30 —

Teinture de caonellc S —

Eau distillée 75 —

POSOLOGIE DE L'ALCOOL 415

Dans cette potion, ainsi que je Tai déjà indiqué, on peut remplacer Feau-de-vie ou le rhum par une quantité double de vin généreux tel que le xérès, le porto. A côté de cette formule, je citerai celle de la potion cordiale de Guhler, qui est la suivante :

Alcool à 85 50 grammes.

Sirop de sucre 30 —

Eau distillée 50 —

C'est, comme vous le voyez, une potion plus riche en alcool que la précédente. Le Codex donne une formule à% potion cordiale composée à Taide du vin de Banyuls ; voici cette formule :

Vin de Banyuls HO grammes.

Sirop d*écorces d'oranges amères 40 —

Teinture de cannelle 10 —

Enfln, une dernière formule, due à Liebreich, utilise l'alcool à un degré de concentration plus considérable encore, relativement à la quantité de véhicule ; la voici :

( Alcool à 95 120 grammes.

\ Teinture d'oranges 6 —

\ Teinture de gingembre 1 —

(EaudistUlée 200 —

Voilà un certain nombre de formules qui vous permettront de choisir celle qui vous paraîtra le mieux convenir aux indications que vous vous proposerez de remplir.

A côté de ces formules afférentes à Talcool seul, dont l'alcool forme exclusivement la base, il y a un certain nombre de produits médicamenteux importants qui sont les alcoolats^ les alcoolatures et les teintures.

Alcoolats. — Les alcoolats sont des produits qui proviennent de la distiUation de l'alcool ayant préalablement macéré sur une ou plusieurs substances médicamenteuses; il faut faire, cependant, une exception pour ces alcoolats qui porteraient plus exactement le nom de teintures d'essences, et qui se préparent par simple dissolution des essences actives dans l'alcool à 90 p. 100. Ces médicaments ont reçu quelquefois des dénominations qui ne rappellent en aucune façon leur nature d'alcoolat, c'est-à-dire la manière dont ils sont obtenus; c'est ainsi que l'alcoolat de cochléaria porte le nom d'esprit ardent decochléaria; l'alcoolat vulnéraire, celui d'eau vulnéraire spiritueuse;

oolat de térébenthine, le nom de baume de Fioravanli; l'alcoolat natique ammoniacal, s'appelle esprit volatil huileux de Syhins; n, l'alcoolat de mélisse composé est très souvent désigné sous la j)e appellation d'eau de mélisse des Carmes. our la préparation de ces alcoolats, on fait usage des feuilles, des rs et des sommités fleuries fraîches; cependant, il entre dans uns alcoolats d'autres produits végétaux, par exemple des racines rucifères, d'omhellifères, d'amomacées ; des fruits et des semences spéridées, d'orchidées, de myristicacées ; quelquefois, ce sont des mes-résines; d'autres fois, des térébenthines, des baumes, des îs essentielles. Enfin, autrefois surtout, car aujourd'hui ces pro- ; tendent de plus en plus à être abandonnés, on faisait usage de :uits animaux, tels que le mifsc ou. le castoréum. is produits se préparent tous par macération dans l'alcool, pcnun temps plus ou moins considérable, des produits actifs de la te, puis on distille au bain-marie, en ayant soin de mener a-tle llation aussi rapidemeot que possible, pour éviter aux produits tiU l'action de la chaleur qui pourrait les dénaturer ou les er. Ces différents alcoolats se préparent avec de l'alcool à un é de concentration différent. On eniploie soit l'alcool à 60 p. 100, l'alcool à 80 p. 100, soit l'alcool à 90 p. 100. ^rtains de ces alcoolats sont parfois utilisés pour l'usage externe : sont par exemple l'alcoolat de Fioravanti, l'alcoolat aromatique loniacal, l'alcoolat de cochléaria composé, l'alcoolat vulnéraire, très, au contraire, sont surtout utilisés pour l'usage interne : îont l'alcoolat de mélisse, l'alcoolat ou étixir de Garus, l' alcoolat érairc, l'alcoolat aromatique ammoniacal, l'alcoolat de cocbtêaria posé, )ici les formules de ces médicaments :

Alcoolat de Gams.

/ Alocs 5 grammes.

l Myrrhe 2 —

1 Girofles 5 —

< Muscades 10 —

JCaQUelIc je Ceylan 20 —

f Safran 5 —

\ Alcool à 80 5 000 —

(DisiiUcr -1500 grammes dalcoolai.)

ALCOOLATS Alcoolat de mélisse composé.

(Eau it màVnae des Carmes.)

j Mélisse fr&lclie eo fleurs 800 j

{ Zestes frais de cîlroD. 130

1 Cannelle de Cejlan ]

J Girofles j'ôàSO

j Huscades - )

i Coriandre . .' ) J

f Bacine d'angélique, . . . . . ! J "* *" I Alcool à 80. 5 000

(DiBtillar'4^XI grammoB d'itlcwlnc.)

Alcoolat vulnéraire.

(Bâu ïnloérairB'spirliuBuie,)

Feuilles fraîches d'absinthe \

— d'angélique. . . .

— de basilic. . . .

— de calament. . .

— de fenouil. . . .

— d'hysope. ....

— de marjolaine. . .

— de mélisse. . . .

de menthe poivrée

d'origan, de romarin.

den

âà 100 gramm

— de sarriette

— de sauge

— de serpolet

— de Ihym

Sommités fleuries et fraîches d'hypericum.

— de lavande ;

Alcool à 60 4 500

(Distlllor 3000 grammes d'alcoolat.)

Alcoolat aromatique ammoniacal.

(Eiprii volatil huilgux do SvItIus.)

f Ecorces fraîches d'orange )

I de citron ( "* '"*' gramm

l Vanille '."■.■.'.'.■.■. 30 -

I Cannelle de Ce; lan (5,

i Girofles. 10

Chlorhydrate d'ammoniaque \ Carbonate de potasse /

Eau distillée de cannelle ....!.' p" ^''*' — \ Alcool à 80 1

(Dislillw 50O gr^mmoi dalcoolat-)

Alcoolat de cochléaria composé.

(Eïprii ardent do cocWéario.)

^ Feuilles fraîches de cochléaria 3 000 gramn

J Racine fraîche de raifort 400 -^

(Alcool à 80 .1500 —

(Distiller 3000 grnmm» d'alcoolat.)

418 ALGOOLATURES

Alcoolat de Fioravanti.

(Baume de Fioravanti.)

I Térébenthine du mélèze 500 grammes.

Résine élémi .

— tacamaque

Succin

Baies de laurier ^ ââ 400

Styrax liquide .

Galbanum

Myrrhe

Aloès. . .

Galanga

Gingembre

Zédoaire

Cannelle de Ceylan / âa 50

Girofles .

Muscades *

Fleurs de diclame de Crète

Alcool à 80 3 000 —

(Distiller 2 500 grammes d'alcoolat.)

Alcoolatares. — A côté de ces alcoolats renfermant des parties actives volatiles en dissolution dans l'alcool, il y a une autre série de produits alcooliques qui est constituée par les alcoolalures. Les alcoolatures résultent de laction dissolvante de l'alcool sur des plantes fraîches, tandis que l'on appelle teintures les liquides résultant de l'action dissolvante de l'alcool sur des plantes sèches. Dans les alcoolatures, on utilise des plantes fraîches dont les propriétés seraient modifiées, en tout ou en partie, par une dessication plus ou moins avancée. Ces alcoolatures se préparent toutes par macération de la plante dans l'alcool à 90 p. 100, par parties égales. Cependant il y a quelques exceptions, et les alcoolatures de citron et d'orange, ainsi que l'alcoolature vulnéraire, entre autres, se préparent à l'aide d'alcool à 80 p. 100 : il y a entre l'alcoolat vulnéraire et l'alcoolature vulnéraire, cette différence que, la composition des produits actifs étant identiquement la même, pour préparer l'alcoolat vulnéraire on met 4 500 grammes d'alcool à 60 et l'on distille ensuite pour recueillir 3000 grammes d'alcoolat; tandis que l'alcoolature vulnéraire est une simple macération des mêmes principes actifs dans 3 000 grammes d'alcool à 80 p. 100. Tandis que l'alcoolat vulnéraire porte aussi le nom d'eau vulnéraire spiritueusey l'alcoolature vulnéraire s'appelle eau vulnéraire rouge, par suite dé la couleur que lui donne la macération des plantes ayant servi à sa préparation.

TEINTURES ki^

Le Codex prescrit la préparation des alcoolatures ci-après. Feuilles : aconit, anémone, belladone, ciguë, digitale, eucalyptus, jusquiame, stramoine. Fleurs : anémone, arnica, colchique, cresson de Para. Racines : aconit, bryone, bulbes de colchique. Plante entière : drosera. De toutes ces alcoolatures, celle d'aconit est à peu près seule utilisée d*uDe façon courante.

Teintares. — Viennent ensuite les alcoolés, c'est-à-dire les teintures alcooliques. Je vous citerai, en même temps, quelques préparations dans lesquelles on utilise Talcool à un degré de concentration assez considérable, certaines teintures éthéro-alcooliques, telles que la teinture de Bestucheff ou Teinture nervine, qui eut, au moment oii elle fut composée, une réputation assez considérable. On raconte une histoire assez intéressante au sujet de son action aphrodisiaque : cette action était tellement réputée que la grande Catherine de Russie acheta à Bestucheff, pour une somme considérable, le secret de sa préparation en raison de ses propriétés énergiquemeiit aphrodisiaques; et elle utilisait cette teinture pour ceux auxquels elle faisait Thonneur de faire partager sa couche, afin que leurs exploits pussent rester à la hauteur de ses exigences. Cette teinture a la composition suivante :

Perchlorure de fer 10 grammes.

Alcool à 90 60 —

Elher à 65 30 —

C'est, comme vous le voyez, une teinture renfermant du perchlorure de fer dans la proportion de 10 p. 100, en même temps que de lalcool et dé Téther; à laction tonique du médicament ferru- ^eux vient s'ajouter l'action stimulante de l'alcool et de l'éther. Cette teinture s'administrait à la dose de xxv à xxx gouttes dans de l'eau sucrée, trois ou quatre fois par jour; et, je le. répète, elle était utilisée surtout à ce moment comme panacée aphrodisiaque, ou comme une panacée équivalente à Yélixir de longue vie : il est une autre teinture du même genre, la teinture de Klaproth^ qui n'est autre chose qu'une solution ferrugineuse mélangée d'alcool et d'éther acétique.

A côté de ces produits, je signalerai les alcoolés qui sont des teintures simples ou composées, préparées soit par macération, soit par lixiviation, soit par solution, et qui, pour la plupart, sont utilisées pour l'usage interne : cependant, certaines d'entre ces préparations

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