‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 28 sur 486 · U INTOXICATION AIGUË PAR LE SULPONAL · texte numérisé non relu

U INTOXICATION AIGUË PAR LE SULPONAL

imposa, bien entendu, la nécessité de suspendre immédiatement l'administration du sulfonal : malgré cette suspension, la malade mourut dans le coma après quarante-huit heures. On put faire Tautopsie, et on constata, à Texamen histologique des reins, une nécrose très étendue et profonde de Tépithélium de la partie sécrétante des canalicules : les reins présentaient, d'ailleurs, tous les caractères de la néphrite toxique.

Une autre femme de vingt-huit ans, hystérique, à laquelle on administrait 1 gr. 20 de sulfonal en deux doses, en éprouvait bien une action hypnotique marquée, mais cette action était accompagnée d'agitation pendant la durée de la veille : pour remédier à ces inconvénients, la malade prit, de son chef et en une seule fois, 2 grammes de sulfonal, pensant vaincre cette agitation. Elle dormit d'un sommeil profond; mais au réveil elle fut prise de céphalée avec bourdonnements d'oreilles; dans la journée, elle éprouva de la cyanose, non pas précisément de la dyspnée, mais sa respiration était lente et superficielle; la paroi thoracique était soulevée péniblement, et la malade avait infiniment de peine à attrapper, comme elle disait, sa respiration. Les contractions cardiaques se montrèrent faibles et intermittentes pendant cette journée. Les pupilles étaient dilatées, réagissant faiblement. Les urines étaient rares, foncées, mais ne présentant pas la coloration brunâtre ou la coloration rouge correspondant à la présence soit de la méthémoglobine, soit de l'hématoporphyrine. La malade avait de la diarrhée. Les jours suivants, on put observer la diminution des symptômes; mais la malade ressentit des manifestations différentes : les pieds étaient le siège de fourmillements intenses, les réflexes plantaires étaient affaiblis, les réflexes rotuliens sensiblement normaux. La diarrhée cessa, et la malade se rétablit en quelques jours.

J'appelle toute votre attention sur ce cas où les phénomènes ont présenté une certaine gravité sous l'influence de doses relativement faibles; c'est peut-être exagéré d'employer ici le mot d'intoxication aiguë, mais elle mérite alors certainement le nom d'intoxication subaiguë. La guérison a terminé la scène et vous pouvez remarquer que, chez cette malade, à aucun moment, on n'a observé de méthémoglobinurie ni d'hématoporphyrinurie.

Pour terminer ce qui a trait aux accidents aigus, j'ajoute qu'on a vu des accidents, dont quelques-uns ont même été mortels, avec des

Page 1