‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 301 sur 486 · HO.H^C · texte numérisé non relu

HO.H^C

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CH

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Diéthanolamine. Morpholine.

dans laquelle l'atome d'oxygène restant ferme la chaîne. Ceci explique déjà comment, dans la morphine, un atome d'oxygène n'est pas engagé dans un oxhydrile et rend compte de l'insuccès des tentatives faites pour obtenir, par exemple, un dérivé tri-acétylé.

Cette déshydratation s'effectue facilement en chauffant la diéthanolamine à IGO"" avec de l'acide sulfurique dilué à 70 p. 100. Après 8 heures, on laisse refroidir, on neutralise avec de la lessive de soude caustique concentrée, on ajoute de l'hydrate de soude solide et on distille; la morpholine passe dans les premières portions. En neutralisant le liquide alcalin par l'acide chlorhydrique, rajoutant de la soude solide et distillant de nouveau, on purifle l'alcaloïde. Finaleroeat, on le dissout dans l'éther et on déshydrate la dissolution par addition de soude caustique en fragments.

La morpholine se présente sous forme d'une huile incolore, très hygroscopique, bouillant entre 128'' et 130*". C'est une base à odeur de pipéfidine, qui attaque le verre à chaud, même en solution étendue, et douée, par conséquent, de propriétés énergiquement alcalines et caustiques. Elle se dissout dans l'eau avec élévation de température, fume à l'air humide, et attire énergiquement l'acide carbonique et la vapeur d'eau. Sa solution éthérée donne, souS l'influence d'un courant d'acide carbonique, un précipité cristallin de carbamate. La chlorure de benzoyle donne de la benzoylmorpholine ; le chlorocarbonate d'éthyle de la morpholinuréthane. Elle précipite

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avec la solution de sublimé et les réactifs généraux des alcaloïdes, mais ne donne pas de précipité avec le réactif de Nessler.

A Faide des diéthanolméthylamine et diéthanoléthylamine, Knorr a obtenu les méthylmorpholine et éthylmorpholine ; et il a étudié sous le nom de bases morpholiniques une série d'alcaloïdes dérivés de la morpholine. Il a montré que la phénomorpholine et son dérivé méthylé ressemblent d'une façon frappante, par leurs propriétés, i la tétrahydroquinoléine ; ce qui permet peut-être d'expliquer Terreur d'interprétation des savants qui, à l'exemple de M. Vis, veulent faire de la morphine un dérivé de la quinoléine.

Une de ces bases présente pour nous un intérêt tout particulier : c'est la naphtalane-morpholiney base formée par l'union des noyaux de la tétrahydronaphtaline et de la morpholine, obtenue en chauffant au bain-marie, en vase clos, un mélange équimoléculaire d'oxyde de

p rw / ^ ^' d*éfhaDolamine. Le pro-

duit de cette réaction, formé principalement par de toxélhylamidotétrahydro-^-naphtoly est déshydraté par chauffage entre 150* et 160° avec de l'acide sulfurique à 60 p. 100, et la base est mise en liberté par sursaturation avec de la soude caustique et distillation. On recueille ainsi un mélange de naphtalane-morpholine et d'une base complexe tertiaire d'où la naphtalane-morpholine est séparée en formant sa nitrosamineou son dérivé benzoylé. Lorsqu'on l'a dégagée de ces combinaisons, la naphtalane-morpholine se présente sous forme de prismes fusibles entre 62** et 63% distillant à 312® sous une pression de 754 millimètres de mercure, peu solubles dans l'eau, à réaction alcaline, solubles dans les dissolvants organiques (alcool, éther, benzine, etc.) et donnant les réactions caractéristiques des alcaloïdes avec les réactifs par précipitation. Ses sels sont cristallisables et peu solubles.

Il n'est pas sans intérêt de rappeler ici que la codéine peut se dédoubler, dans certaines conditions faciles à réaliser, en méthyldioxyphénanthrène et éthanoldiméthylamine.

Mais ce qui vient ajouter à l'importance de cette étude, c'est que la naphtalane-mcJrpholine posséderait des propriétés physiologiques très semblables et môme absolument identiques, a-t-on été jusqu'à dire, avec celles de la morphine.

Bien que je sois, comme vous le savez, très partisan de l'action

MORPHOLINE

physiologique dépendant de la formule de constitution des corps, — et dans ce cas les formules de constitution de ces deux bases sont aussi voisines Tune de l'autre qu'il est possible, — je suis cependant choqué de cette prétendue identité d'action ; et je crois que cela ne peut s'appliquer qu'à une expérimentation physiologique très superficielle. Vouloir, en effet, que les actions physiologiques de la morphine et de la naphtalane-morpholine soient absolument identiques me paratt an peu trop beau et aller au delà de la vérification exigée par la théorie. Je me contenterais, pour ma part, de trouver certaines ressemblances physiologiques dans ces deux bases. Mais, je le répète, je crois que l'interprétation de Knorr est insuffisante, parce qu elle ne tient pas compte du phénanthrène.

Des chaînes benzéniques seraient fixées autour de ce noyau morpholine, dont le point de départ serait, en définitive, le furfurane : ce furfurane fournit d'abord le furane; ce dernier, la furazine; et l'hydrogénation de cette base conduit à la tétrahydro furazine y qui n'est autre que la morpholine. Les formules suivantes expliquent cette série de transformations.

HC

GH

Furfurane.

CH2

Furano.

CH

CHî»

Voici la formule de constitution que je proposerai actuellement pour la morphine, formule qui tient compte, à la fois, de l'existence <lu noyau morpholine et de l'existence du noyau phénanthrène ; je trace comme centre de la figure le noyau de la base morpholine, et le

FORMULE De POUCUET

Doyau phéaaDthrèae serait représenté par des hexagones qui occupent latéralement la situation que je dessine ici :

!ette formule, complètement développée avec la figuration des anges d'atomicités, représente, pour moi, la formule de constitu- 1 de la morphine : voici l'atome d'azote qui rentre dans le groupe tral de la morpholine avec sa liaison au radical propyle ; et voici roupe phénanth rénique. Je vous rappelle, pour vous montrer le 1 fondé de l'interprétation de cette structure moléculaire, que la mule de constitution du phénanthrène que je trace ici, concurrerant avec cette figure, est la suivante :

^0U9 voyez qu'il y a, de part et d'autre, une analogie très remarble dans les deux formules, et que ce noyau phénanthrénique t très bien se séparer à un moment. On peut s'expliquer la sépaon de ce noyau en même temps que celle de l'azote à l'état de pylamine ; on peut s'expliquer, également, l'intervention du noyau rpholine. En même temps, cette formule vous montre qu'il y a lement deux oxhydriles, susceptibles d'être remplacés, comme je lisais remarquer tout à l'heure, l'un, l'oxhydriie phénolique, par radical alcoolique ou UD radical acide, l'autre, l'oxhydriie alcooe, seulement par un radical acide. Cette formule est aussi d'ac- 1 avec ce résultat expérimental que la morphine contient seuleit deux oxhydriles. Eh bien. Messieurs, c'est précisément en ptant cette formule de constitution que je crois qu'il est parfaiteit possible non seulement d'interpréter les diFférentes méta- 'phoses subies parla morphine, mais encore la formation des

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