ÉTHERS PHÉNOLIQUES DE LA MORPHINE
renoncer à l'emploi de cette substance au point de vue médicamenteux.
J'arrive maintenant, messieurs, au dernier produit qui nous intéresse; c'est la Péronine; constituée par le chlorhydrate de benzylmorphine : c'est le produit de la substitution, dans la morphine, d'un radical benzylique acide à l'hydrogène de l'oxhydrile phénoliqne. Cette substitution donne naissance à un corps doué, comme tous les composés dont nous venons de parler, de propriétés basiques assez faibles, mais susceptible néanmoins de s'unir aux acides et de former des sels assez bien cristallisés : cette péronine est analgésiante, narcotique, calmant la toux; elle parait posséder une action analgésique locale très intéressante et que l'on cherche à utiliser depuis quelque temps en clinique.
Sous l'influence de la péronine, tous les réflexes sont augmentés sauf un seul, celui de la toux. Le fait est d'autant plus remarquable qu'il a été mis en évidence par l'expérimentation sur les animaux de la façon suivante. Vous savez avec quelle facilité l'homme et les animaux réagissent par le réflexe de la toux sous l'influence de Tinhalation de certaines vapeurs irritantes, notamment des vapeurs ammoniacales; eh bien, lorsque l'on soumet les animaux à l'inhalation de vapeurs ammoniacales déterminant chez eux des phénomènes de toux assez violente et répétée pour faire craindre l'asphyxie, si, au préalable, on injecte à l'animal une certaine quantité de péronine, il ne tousse plus, ne sufl'oque plus. On a pensé à appliquer cette propriété ; on a recherché l'action calmante que ce médicament pouvait déterminer sur les phénomènes de la toux; on a obtenu, comme nous le verrons, d'excellents résultats dans ce sens; mais la dionine est encore préférable, pour cette raison qu'elle est plus active et beaucoup plus facilement soluble que la péronine.
D'autre part, sous l'influence de la péronine, on observe chez les animaux des convulsions tétaniques précoces, tout au moins chez la grenouille. Un centigramme de péronine détermine chez une grenouille de forte taille des phénomènes d'empoisonnement très accentués, rappelant ceux déterminés par la morphine. Après un état de narcose prolongé durant quelques heures, on voit survenir des convulsions tétaniques violentes et la mort arrive tardivement. Des doses de 25 milligrammes sont capables de tuer des grenouilles dans l'espace de quelques jours.